En une seule année, un Québécois se procure en moyenne 27 kg de vêtements et textiles de toutes sortes, une consommation de textiles parmi les plus élevée au monde. Nos changements de saisons et l’influence des modes nous incitent à renouveler régulièrement notre garde-robe. Résultat, près de 63 000 tonnes de textiles sont éliminés chaque année, au Québec. Pourtant, les vêtements ont un très fort potentiel de réemploi et nous devrions tous faire un effort pour les détourner des sites d’enfouissement. Comment pouvons nous leur donner une deuxième vie ? C’est ce que nous allons apprendre en suivant la route des vêtements usagés.
Selon Pierre Legault, fondateur et directeur général des Fripe-Prix Renaissance, les Québécois ont déjà acquis de bonnes habitudes quand ils se départissent de leurs vêtements. Plusieurs personnes donnent déjà leurs vêtements à des organismes de charité pour des raisons humanitaires. Mais nous serions de plus en plus nombreux à donner nos vêtements afin qu’ils soient réemployés, recyclés ou valorisés selon les principes du développement durable.
En tant qu’organisme qui récupère plus de 10 000 livres de vêtements par jour, Renaissance représente ce qu’il peut advenir de nos vêtements une fois que nous les avons donnés. Tout d’abord, ils sont triés afin de déterminer ceux qui peuvent être vendus en magasin. Chez Renaissance, c’est 30 à 35% de la marchandise reçue qui sera mise en vente. Afin de satisfaire la clientèle, seuls les articles de bonne qualité sont sélectionnés.
Dans un deuxième temps, tout ce qui n’est pas retenu est vendu au récupérateur Certex. Ce centre de récupération et de recyclage du textile traite environ 35 000 livres de vêtements par jour sur ses chaînes de tri. 45% des vêtements triés seront exportés, principalement vers des pays africains. D’après Gilles Cossette, directeur général de Certex, cette pratique permettrait aux habitants de ces pays d’acheter des vêtements de bonne qualité à prix modique.
Les articles tâchés, endommagés ou déchirés sont voués au défibrage ou à la confection de chiffons. Ainsi, 20% des vêtements traités par Certex servent à produire des chiffons qui seront surtout utilisés par des garagistes ou des peintres. Et un autre 20% servira à produire des fibres textiles qui serviront, par exemple, à la fabrication de sous-tapis. Seulement 15% des morceaux de vêtements récupérés par Certex finissent au site d’enfouissement. Il s’agit en général de vêtements contaminés, ou sur lesquels des traces d’essence ou de peinture ont été décelés.
Il est à noter que de nouvelles avenues très prometteuses sont en train d’émerger pour permettre de revaloriser une partie de nos vêtements usagés. Par exemple, le rembourrage de meubles avec des fibres recyclées et l’isolation thermique de maisons sont des voies d’avenir qui permettraient de donner une seconde vie à nos vêtements.
De même, des éco-designers, comme Annie Langlois de la boutique On & On, remettent en circulation des vieux vêtements après leur avoir donné une nouvelle personnalité. Avec des vêtements usagés, déchirés et même tachés, Annie Langlois fabrique des articles de haut de gamme qui sont vendus à travers le monde.
Informations complémentaires:
Gilles Cossette (Certex) suggère aux personnes de tout donner et de laisser aux organismes le soin de trier les vêtements selon l’usage qui en sera fait. Idéalement, les vêtements doivent être secs et propres et déposés dans un sac. On peut tout donner, ce qui inclut les souliers usés (mais sans trous) et les sous-vêtements.
Marianne, 12 ans
Je m'appelle Marianne, j'ai 12 ans, et j'écoute votre émission à tous les mercredis! J'adore ça! J'essaie de suivre le plus de vos conseils possible. J'ai particulièrement aimé l'émission du 3 octobre et j'aimerais, moi aussi, devenir écodesigner pour créer mes propres vêtements. Je vous admire beaucoup et j'espère que l'émission durera encore longtemps!!!
Continuez votre SUPERBE travail!