Banquettes, sacs gonflables, ceinture de sécurité; à la lecture de ces mots, on imagine une voiture utile à nos déplacements. Mais pour Isabelle Bérubé, véhicule ne rime pas avec moyen de transport, mais avec « moteur d’inspiration ». Entre ses mains, les pièces de voitures se transforment en sacs de cuir à l’allure résolument contemporaine et un brin débridée.
Assise au volant de sa voiture, Isabelle Bérubé a eu l’idée de génie en attachant sa ceinture : « Je me suis dit que je pourrais en faire une bandoulière, puis j’ai regardé les sièges de cuir et j’ai vu des sacs à main. Je venais de trouver la meilleure idée pour lier le design et la récupération.» C’est ainsi que les sacs Bagnole sont nés !
Isabelle puise ses matières premières chez Lecavalier, un recycleur de pièces automobiles qui lui a ouvert ses portes. Armée de gants et d’un couteau à lame rétractable, elle découpe le cuir des banquettes en bon état. « J’en ramasse le plus possible, puis je les rapporte à mon atelier, je les lave et les classe par couleur. C’est la même chose pour les ceintures de sécurité et les sacs gonflables avec lesquels je fais la doublure de mes sacs à main.» L’éco-designer récupère aussi les boutons de radio pour faire la finition de ses sacs, et les fils électriques pour attacher les étiquettes.
Des matériaux détournés des sites d’enfouissement
Environ 75% d’un véhicule peut être recyclé ou récupéré, d’abord à travers la vente de pièces usagées, puis par la vente des métaux récoltés lors du pressage des carcasses automobiles. Les 25% restants sont composés des banquettes, pare-brise et tableaux de bord, et sont déchiquetés en une matière appelée fluff qui sert de matériau de remblai dans les sites d’enfouissement. Ce sont précisément ces matériaux dont se sert Isabelle pour créer ses sacs Bagnole. « À moi toute seule je ne fais pas une grande différence, mais je fais ma part et je démontre que ces matériaux peuvent avoir une autre vie. »
Travailler à partir de matériaux usagés demande beaucoup d’efforts. « En plus de devoir aller chercher moi-même les matériaux chez le recycleur, je dois découdre le cuir, nettoyer les courroies, déchirer les tapis. C’est beaucoup plus coûteux que de travailler à partir de matériaux neufs. » L’entreprise a cependant le vent dans les voiles : après moins de 2 ans de confection, elle emploie deux personnes à temps plein. Mais, Isabelle se réserve le plaisir d’aller chercher elle-même ses matières premières dans son entrepôt à ciel ouvert !
La jeune femme a toujours aimé les belles voitures, mais dit-elle, « Je n’osais pas me l’avouer, c’est contre mes valeurs environnementales. Maintenant je peux affirmer que je suis une fille de char sans gêne ! »
Invité
Isabelle Bérubé, éco-designer, sacs Bagnole
Informations complémentaires
Les sacs Bagnole sont vendus entre 100$ et 230$
Visitez le site internet de Bagnole pour connaître les points de vente et les modèles disponibles.
http://sacbagnole.blogspot.com/