Consommation de poisson

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Nous consommons de plus en plus de poisson. C’est bon pour la santé : riche en vitamines et minéraux, le poisson est aussi une bonne source d’omégas 3. Mais, notre consommation est-elle en train de nuire à la survie de certaines espèces ?

Depuis quelques années, les études sur la diminution des stocks de poisson se multiplient, faisant état d’un avenir bien noir pour la plupart des espèces aquatiques. En 2006, les biologistes Boris Worm et Stephen Palumbi, ont même annoncé la fin des espèces commerciales pour le milieu de ce siècle.

Ces affirmations ne font pas l’unanimité. Plusieurs experts de l’industrie croient que les efforts qui sont déployés pour mieux contrôler les techniques de pêches et gérer les stocks de poisson seront suffisants pour éviter cette crise.

N’empêche que 90% des grands prédateurs, comme le thon, sont menacés de disparition et qu’une espèce de poisson sur 4 est victime de surpêche. De plus, comme les techniques de pêches, la gestion des stocks et l’aquaculture, ne sont pas contrôlées efficacement partout dans le monde, cela aggrave davantage la situation. Ainsi, les poissons que l’on trouve dans nos épiceries ne sont pas tous intéressants d’un point de vue environnemental.

Pour les consommateurs voulant agir de façon plus responsable, certaines réflexions s’imposent. Tout d’abord, il faut cesser de consommer les espèces en voie d’extinction ou pêchés selon des techniques trop agressives qui abîment leur habitat. Il faut aussi éviter les poissons provenant d’aquacultures malsaines qui menacent les écosystèmes et risquent de contaminer les bancs de poisson sauvage.

Évidemment, nous n’avons pas tous les connaissances nécessaires pour faire un choix éclairé. Pour nous aider, il existe des guides, comme le Guide canadien des poissons et fruits de mer de Seachoice. Facile d’utilisation, on peut apporter une copie avec soi lors de ses achats afin de faire des choix plus écologiques. Il suffit de privilégier des poissons dans la catégorie verte et de limiter sa consommation de poisson dans la catégorie rouge.

Des pêches locales

Selon les environnementalistes, choisir des poissons pêchés au Québec est un pas dans la bonne direction car nos méthodes de pêches et notre gestion des stocks seraient de plus en plus respectueuses de l’environnement. De plus, comme ces espèces nécessitent moins de transport, elles génèrent moins d’émissions de gaz à effet de serre.

Le guide de Seachoice n’incluant pas tous les produits québécois, voici quelques exemples de produits qui sont intéressants :

- Crevette nordique de Matane, produit frais disponible du printemps à l’automne ou congelé, à l’année.
- Homard des Iles-de-la-Madeleine et de la Gaspésie, produit frais disponible de mai à juillet.
- Crabe des neiges, produit frais disponible au printemps et à l’année, en conserve.
- Moule bleue, produit frais disponible à l’année
- Mactres de Stimpson, produit en conserve disponible à l’année.

L’art de la substitution

Plusieurs poissons populaires se retrouvent dans la catégorie rouge du guide. Il faut donc apprendre à les substituer par des poissons similaires en termes de goût, de texture et de valeur nutritive. Demander conseil à son poissonnier est une excellente façon de découvrir des poissons plus « verts » et tout aussi savoureux. Voici quelques exemples de substitutions que La vie en vert a élaborés pour vous :

- remplacer le saumon de l’Atlantique d’élevage par de la truite arc-en-ciel ;
- substituer la morue charbonnière au bar du Chili ;
- privilégier les crevettes d’eau froide comme la crevette à flanc rayé ou tachetée aux crevettes tigrées qui proviennent d’eau tempérée ;
- privilégier le Tilapia d’aquaculture provenant des États-unis au Tilipia provenant d’Asie.

Changer ses habitudes

Comme tout changement, choisir des poissons sur des bases plus environnementales demande un peu de travail, au départ. Mais en attendant que des logos écologiques apposés sur les emballages des produits de la mer nous indiquent ceux qu’on devrait privilégier, comme cela se fait en Europe et aux États-Unis, c’est la seule solution pour consommer des poissons de façon plus responsable.

INFORMATION COMPLÉMENTAIRE


Faire pression sur l’industrie
Pour Grimur Valdimarsson, directeur Directeur de la Division des industries halieutiques de la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’industrie des produits de la mer doit s’adapter à l’intensification de la demande des détaillants et des consommateurs pour du poisson "écolo".

"La pression pour une pêche durable ne vient pas seulement des gouvernements ou des groupes écologistes, mais du marché lui-même", a indiqué M. Valdimarsson, faisant remarquer que les grands distributeurs de produits de la mer comme Unilever, Tesco, Walmart et Asda se sont déjà engagés à ne mettre en vente dans leurs rayons que du poisson récolté ou élevé de "façon durable".

"Ces dernières années, l’industrie des produits de la mer s’est demandée si ces tendances représentaient une lubie passagère. Aujourd’hui, il n’y a plus de doute: il s’agit d’une véritable mutation, qui montre la voie de l’avenir", a-t-il fait valoir.

Source : Les consommateurs veulent du poisson plus «vert», FAO

Certification Marine Stewardship Council (MSC)
Quelques organismes ont aussi mis de l’avant des initiatives de certification indépendante de produits de la pêche en mer. C’est le cas du Marine Stewardship Council (MSC), qui propose son Éco-logo à des entreprises qui s’engagent à respecter un code de conduite à caractère à la fois environnemental et social. Ces initiatives sont peu développées en Amérique du Nord mais risquent de devenir plus populaires si on en croit la tendance bio-équitable adoptée par de plus en plus de commerçants. Les trois principes de la norme MSC sont :

Principe 1 La condition des stocks de poisson
Vérifier qu’il y a suffisamment de poisson pour assurer la viabilité de la pêcherie.

Principe 2 L'impact de la pêche sur le milieu marin
Examiner l'effet de la pêche sur l'écosystème marin, y compris d'autres espèces de poisson non pêché, des mammifères et oiseaux marins ou les habitats.

Principe 3 Le système de gestion de la pêcherie
Ce principe évalue les règles et procédures en vigueur dans l’industrie de la pêche, ainsi que leur application, afin de maintenir la viabilité de la pêcherie et de minimiser l'impact sur le milieu marin.

Le Saviez Vous?

• 52% des stocks sont exploités à leur maximum, ce qui signifie qu'ils sont pêchés au maximum de leur capacité biologique. 24% sont surexploités, épuisés ou en en cours de récupération. 21% sont modérément exploités.
• Seulement 3% des stocks mondiaux de poisson sont sous exploités.
• La consommation humaine de poisson a atteint 100,7 millions de tonnes en 2002, comparé à 93.6 millions en 1998.
• Près de 2,6 milliards de personnes dépendent du poisson comme principale source de protéine animale.
• 200 millions de personnes dans le monde gagnent tout ou une partie de leur revenu grâce à la pêche et à ses activités liées.
• Les quantités pêchées continuent de stagner tandis que la production d’aquaculture se développe plus rapidement que tout autre secteur d’alimentation animale.
• En outre, la sauvegarde des emplois liés à la pêche ainsi que la durabilité des captures commerciales et de l’écosystème aquatique duquel elles proviennent, suscitent toujours plus d’inquiétudes.
• Il semble ne plus y avoir de potentiel pour accroître davantage la capture marine. En outre, l’état actuel des ressources de pêche et de leurs écosystèmes ne permet plus vraiment de retarder les actions qui auraient dû être réalisées durant ces trente dernières années.

Source: Organisation pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO) - Mars 2005



OUTILS POUR LES CONSOMMATEURS

Monterey Bay Aquarium : Seafoodwatch program
http://mbayaq.org/cr/seafoodwatch.asp
 
Oceans Alive : Best and Worst Seafood
http://oceansalive.org/eat.cfm
http://www.seafoodchoices.com/enfrancais.php

Françoise Nicol, Direction des analyses et des politiques, Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Claude Martel, Directeur du Sierra Club Québec

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