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Du 10 janvier au 29 mars 2012
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Par François Cardinal
Les écologistes sont de plus en plus sollicités par les décideurs économiques et politiques, qui n’hésitent plus à les consulter avant d’agir. On pourrait ainsi penser que le mouvement environnemental s’assagit, s’institutionnalise… Erreur. S’il est vrai qu’une frange plus raisonnable profite de cette situation, une autre frange, beaucoup plus agressive, monte en popularité autour du globe : les écoterroristes.
Menace réelle ?
Les États-Unis et l’Europe constatent en effet depuis quelques années une recrudescence de l’activité de ces groupes qui n’hésitent plus à recourir à des gestes illégaux, au vandalisme, au sabotage pour se faire entendre. Le FBI a même déclaré en 2005 que l’écoterrorisme était la plus importante menace terroriste en sol américain, c’est dire.
Réunis au sein du Earth Liberation Front ou autres groupes du genre, les écoterroristes incendient habituellement des concessionnaires automobiles, des projets domiciliaires ou les bureaux de compagnies minière et forestière pour exprimer leur dégoût du capitalisme et de ses impacts.
L’engouement pour le terrorisme à la sauce environnementale peut être difficile à comprendre, étant donné la sympathie grandissante du public pour les écologistes. Mais les raisons de cette popularité croissante sont nombreuses.
On peut penser, par exemple, à la frustration que suscite la récupération de l’environnement par les politiciens, les entreprises et surtout les publicitaires. Bien que l’on ne constate pas une baisse des atteintes à l’environnement, un nombre grandissant d’organisations se déclarent vertes, à tort ou à raison.
Le retour de la violence
On peut aussi penser aux réussites passées de l’écoterrorisme, qui démontrent en quelque sorte son utilité. On prévoit déjà la fin des tests en laboratoire sur les animaux. Il est aujourd’hui difficile de se trouver un manteau de vison. Et plusieurs projets d’envergure ont avorté en raison d’actions écoterroristes, comme les tests en laboratoire sur des primates de l’Université de Cambridge.
Enfin, plusieurs romans ont été publiés ces dernières années sur le sujet de l’écoterrorisme, dont State of Fear de Michael Crichton, Le Parfum d’Adam de Jean-Christophe Ruffin et Le gang de la clé à molette d’Edward Abbey, une réédition d’un livre culte des années 70 qui trace un portrait flatteur des éco-guerriers.
Or il s’agit bel et bien, malgré son côté sympathique, d’un mouvement qui prône la violence. Non pas contre l’être humain, il est vrai, mais contre les symboles de l’agression que fait subir l’homme à la nature.
La chose peut sembler abstraite ici au Québec, car les militants les plus proches de l’écoterrorisme s’en tiennent à quelques égratignures sur des gros véhicules polluants. Mais aux États-Unis, les dommages sont grands, que ce soit la dégradation immobilière, le traumatisme que tout cela cause à certaines personnes… ou la mauvaise réputation qui est faite au mouvement environnemental, associé à tort à ces actes de sabotage.
Sujet : Tendances et enjeux
Un article français qui décrit bien les tactiques des écoterroristes
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/08/GOUVERNEUR/11463La définition qu’en donne Wikipédia
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