Le Pédibus

Par Ariane Paré-Le Gal

Émission du 8 octobre 2008

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Lorsque les parents accompagnent leurs enfants à l’école ou vont les chercher le soir, on remarque aux abords des établissements, quantité de voitures qui sont à l’origine d’engorgements, qui mettent la sécurité des écoliers en péril et qui, bien sûr, polluent. La situation n’est pas surprenante quand on sait que plus de 60 % des élèves se rendent à l’école en voiture. Question de favoriser le transport actif, l’école Saint-André-Apôtre dans le quartier Ahuntsic à Montréal a lancé le Pédibus, un genre d’autobus pédestre. Écoliers, à vos souliers, on va marcher !

À l’école à pied

À 7h30 au coin des rues Tolhurst et Dazé, une dizaine d’élèves de 8 à 12 ans attendent le signal du départ. Quelques minutes plus tard, alors que 5 autres élèves les ont rejoints, le Pédibus se met en route pour l’école Saint-André-Apôtre.

Valérie Cadotte, enseignante et maman à l’école Saint-André-Apôtre, a largement contribué à mettre le Pédibus sur pied. « Nous avons déterminé 7 arrêts de Pédibus dans le secteur de l’école, où sont postés des parents identifiés par un dossard rouge. Tous les premiers lundi du mois, les élèves sont invités à se rejoindre à ces arrêts de Pédibus à une heure précise pour marcher en groupe vers l’école. Nous les encourageons ainsi à faire de l’exercice et à délaisser la voiture pour se rendre à l’école.»

Mon école à pied, à vélo !

L’organisme Vélo-Québec s’est penché sur la question du transport actif lorsque des employés se sont rendu compte de l’augmentation de l’utilisation de la voiture pour aller reconduire les élèves le matin. Suzanne Lareau, PDG de Vélo-Québec souligne la nécessité d’intervenir. « Alors qu’en 1971, 80 % des élèves se rendaient à l’école à pied, aujourd’hui plus de 60 % des élèves se rendent à l’école en voiture. L’horaire chargé des parents et la crainte que leurs enfants se déplacent seuls explique ce changement d’habitudes. Or ce sont les parents qui induisent le problème de sécurité et de pollution en reconduisant leurs enfants à l’école en voiture. »

Vélo-Québec a donc lancé le programme Mon école à pied, à vélo ! pour favoriser le transport actif chez les élèves du primaire. « La première étape consiste à informer les parents, les élèves et les professeurs de l’importance de se déplacer à l’école de façon active. Nous donnons des ateliers, nous rencontrons des jeunes et nous encourageons les professeurs à intégrer les notions de transport actif dans les matières académiques. Ensuite, nous travaillons avec des spécialistes pour développer un plan de déplacement. Nous ciblons les artères dangereuses, proposons l’ajout de feux de circulation, de saillies pour les trottoirs etc., pour rendre plus sécuritaire le quartier. Nous élaborons aussi une carte du cartier à l’aide du code postal de chaque élève pour déterminer où sont les principaux foyers. Cela nous permet d’établir une stratégie efficace. Par la suite, l’école peut faire la promotion du transport actif comme elle le veut. »

L’exemple de l’école Saint-André-Apôtre

L’école Saint-André-Apôtre a choisi de lancer un Pédibus, mais il ne s’agit là que d’une activité parmi tant d’autres. «Certaines écoles vont organiser des concours de la classe qui marche le plus, d’autres vont installer des supports à vélo, ou encore organiser un système d’accompagnement à l’école comme le Pédibus. L’école Saint-André-Apôtre a instauré un Pédibus et les élèves y participent activement, mais ce ne sont pas toutes les écoles qui choisiraient ce modèle. Le Pédibus peut être lourd à lancer et demande une excellente participation des parents. C’est plus facile de lancer un Pédibus dans une petite école comme Saint-André-Apôtre. Ce qui est important, quelle que soit la l’activité, c’est l’effet déclencheur. L’élève qui aura apprécié l’activité, le parent qui aura accompagné son enfant à pied jusqu’à l’école voudra le refaire. », affirme Suzanne Lareau.

Et l’activité a du succès! Le premier Pédibus a attiré une soixantaine d’élèves et plus de 120 ont joint la 4ième édition. « Les jeunes aiment marcher, surtout en groupe, affirme Valérie Cadotte. Les jours de Pédibus, c’est la fête à l’école, les jeunes arrivent en forme, le sourire aux lèvres, avec leurs amis. Ils ont aussi pleinement conscience de faire leur part pour l’environnement en délaissant la voiture pour venir à l’école. »

Non seulement le programme Mon école à pied, à vélo ! permet-il aux jeunes de faire de l’exercice et de diminuer le nombre de voitures aux abords des écoles le matin, il redonne aussi une autonomie aux élèves. « Le fait de marcher permet aux jeunes de s’approprier leur quartier, de reconnaître les commerces, de savoir où habitent leurs amis. Cet apprentissage est très précieux, insiste Valérie Cadotte.

Et l’hiver ? Valérie Cadotte sourit à l’idée de conduire un Pédibus dans la tempête. « La première année a vraiment été un succès, c’est certain que nous allons recommencer l’année prochaine et nous aimerions bien organiser des Pédibus l’hiver, mais c’est un tout autre défi de faire marcher des élèves dans la neige! »

Sujet : Polluer moins   Prendre soin de soi   Se déplacer / voyager  

Liens utiles

Si vous êtes intéressé à lancer une activité de transport actif dans une école :

http://www.velo.qc.ca/monecole/index.php

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