Produits de lavage écolos pour véhicules

Par Pascale Tremblay

Émission du 22 octobre 2008

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Le traditionnel lavage de l’auto peut consommer jusqu’à 400 litres d’eau en dix minutes si on laisse le boyau ouvert. Il requiert aussi l’utilisation de produits nettoyants nuisibles à l’environnement qui s’en vont directement dans l’égout pluvial. Est-il possible de laver son véhicule de façon plus écologique ? Pour le savoir, nous avons décidé de mettre à l’épreuve des produits de nettoyage biodégradables qui ne nécessitent aucun rinçage. Et pour les tester, nous avons faits appel à des gens qui lavent leur véhicule plusieurs fois par jour et pour qui un véhicule propre et brillant est une question d’honneur : des pompiers…

Laver l’auto mais souiller les cours d’eau

Laver son auto à grande eau et avec des produits nettoyants performants, c’est peut-être bon pour le véhicule, mais pas tellement pour l’environnement.

Il y a d’abord la consommation d’eau. Même avec un boyau muni d’un gicleur vous pouvez facilement utiliser une centaine de litres d’eau lorsque vous lavez votre véhicule. Cela représente le quart de notre consommation quotidienne au Québec qui est supérieure à celle des autres pays industrialisés.

Le lave-auto automatique n’est guère mieux : il engloutit autour de 260 litres d’eau…chaude, par lavage. Par contre, les lave-autos disent traiter l’eau chargée en métaux lourds, huiles et autres polluants.

Il y a 4 millions et demi de véhicules en circulation au Québec qui sont lavés au moins quatre fois par année. Mais, on a tous un voisin qui profite de chaque week-end pour refaire une beauté à son véhicule. Faites le calcul.

Par ailleurs, les produits nettoyants pour autos contiennent des phosphates et des composés moussants toxiques. Selon l’endroit où l’on vit au Québec, ils peuvent prendre directement le chemin du drain pluvial pour finir leur course dans le fleuve ou dans un cours d’eau, sans aucun traitement. Ils peuvent aussi se retrouver dans le drain sanitaire, créant ainsi une charge additionnelle à l’usine d’épuration.

De plus, la saleté provenant du lavage d’une voiture n’est pas de la saleté ordinaire : c’est un mélange de graisse, d’huile à moteur, de métaux lourds, de goudron, d’hydrocarbures et de micro-organismes. Tout cela combiné aux divers surfactants et solvants des nettoyants, on obtient une belle soupe toxique.

Heureusement, il existe des solutions un peu plus écologiques.

Volontaires

Pourquoi avoir choisi des pompiers ? Parce qu’ils lavent leur camion au minimum 1 fois par jour, mais ils peuvent répéter l’opération jusqu’à 2 ou 3 fois. « On lave notre camion à chaque fois qu’on revient du lieu d’un incendie ou d’une fausse alerte s’il est sale », explique Robin Dignard, lieutenant à la caserne 21 à Longueuil, l’une des plus anciennes casernes encore en opération en Amérique du Nord. Pendant une journée, le lieutenant Dignard et ses collègues, les pompiers Éric Godon et Martin Demers, ont accepté de laver des camions pour évaluer les produits nettoyants pour auto. Non sans être interrompus par une alerte qui, heureusement, s’est avérée fausse.

Test proposé

Les pompiers de la caserne 21 à Longueuil utilisent déjà un produit biodégradable pour laver leur camion. « Mais, ça prend une grande quantité de détergent pour arriver au même résultat qu’avant », précise Martin Demers. Les véhicules sont d’abord rincés avec un boyau, lavés avec un sceau d’eau et de savon à l’aide d’une perche à camion munie d’une brosse, puis ils sont rincés. Il n’y a pas de frottage pour sécher. Durée d’un lavage : de 15 à 20 minutes. Quantité d’eau utilisée ? « Honnêtement, on l’ignore, on n’a jamais calculé ça. » répond le lieutenant Dignard.

Un compteur d’eau nous a été prêté gracieusement par les entreprises Les compteurs Lecomte de St-Hyacinthe afin de calculer la quantité d’eau utilisée normalement par les pompiers. Nous pourrons ainsi évaluer les économies d’eau que permet l’utilisation d’un produit nettoyant sans rinçage.

Produits testés

Comme il n’a pas été possible de trouver des produits nettoyants conçus spécialement pour les véhicules qui soient certifiés biodégradables, nous avons choisi 3 produits de nettoyage tout usage qui peuvent être utilisés sans problème pour laver un véhicule. Les 3 produits, certifiés biodégradables, ne nécessitent aucun rinçage et sont fabriqués au Québec.

Premier produit testé:
Lave et brille
Nettoyants Lemieux

Certifié biodégradable selon le test de l’OCDE
Sans phosphate
Sans formaldéhyde
Sans rinçage.
Prix : 500 ml / 7.75 $

Deuxième produit testé :
Prolav Brille
Savons Prolav

Certifié biodégradable selon le test de l’OCDE
Ultra concentré
Sans rinçage
Prix: 400 ml / 14.79 $ en recharge
17.95 $ avec pompe

Troisième produit testé:
Nu-KleenAll
Innu-Science Canada

Certifié biodégradable selon le test de l’OCDE
Certifié Ecologo
Ultra concentré
Sans rinçage
Prix : 900 ml / 21.00 $ (le plus petit format vendu)
Coût de revient pour 500 ml : 10.00 $ environ

Les produits Innu-Science sont offerts aux industries, institutions et commerces disponibles par le biais d’un réseau de distributeurs et sont exportés dans plus d’une vingtaine de pays dont le Japon, la France, l’Allemagne et la Suède.

Critères d’évaluation

Pour le test nous avons évalué :

- L’économie d’eau réalisée
- La capacité à enlever la saleté
- La capacité à enlever la graisse
- Les résidus ou effet bariolé laissés sur la carrosserie
- L’efficacité générale
- L’efficacité par rapport aux produits conventionnels

Résultats du test

Pour la première étape du test, nous avons d’abord calculé à l’aide du compteur d’eau la quantité d’eau habituellement utilisée par les pompiers lorsqu’ils lavent leur véhicule. Résultat : 74 litres. On est loin du 400 litres d’eau évoqué, mais on verra si les produits sans rinçage proposés peuvent améliorer ce résultat.

Premier produit testé :
Lave et brille de Nettoyants Lemieux
Le produit lave bien, mais il mousse beaucoup. Les pompiers ont donc dû rincer le camion.
Quantité d’eau : 49 litres.
Mais, comme le souligne le lieutenant Dignard, sur une voiture on pourrait tout simplement essuyer la mousse, ce qu’on ne peut faire sur un camion à cause de la hauteur. On pourrait ainsi économiser environ 20 litres d’eau.

Deuxième produit testé :
Prolav Brille de Savons Prolav
Le produit mousse beaucoup moins que le premier et n’a pas nécessité de rinçage, ce qui a plu à Martin Demers : « Du début à la fin, ça lavait bien, ça séchait bien, il n’y avait pas trop de mousse et on a obtenu un beau fini brillant. »
Quantité d’eau utilisée : 26 litres

Troisième produit testé :
Nu-KleenAll de Innu-Science
Le produit a aussi été apprécié: pas trop de mousse, facile à utiliser, pas besoin de rinçage.
Quantité d’eau utilisée : 23 litres

Verdict

Prolav Brille de Savons Prolav
9.5 / 10

Nu-KleenAll de Innu-Science
9/10

Lave et brille de Nettoyants Lemieux
8/10

Les pompiers ont donc préféré le Prolav Brille : « C’est notre coup de cœur », ont déclaré en cœur Martin Demers, Éric Godon et Robin Dignard. « On a surtout aimé le beau fini lustré; notre camion est vraiment brillant et on n’a pas besoin de rincer », ajoute Martin Demers… Et un camion qui brille c’est important pour un pompier. « La réduction de la quantité d’eau utilisée est aussi appréciable : on passe de 74 litres à 26 litres. », souligne le lieutenant Dignard. Voilà ce qui justifie leur note de 9.5 / 10. « On l'utiliserait sans problème sur nos autos.»

Conclusion :

Ce petit test pas du tout scientifique nous a cependant prouvé une chose : il est possible de laver son auto de façon plus écologique. D’abord, les produits sans rinçage réduisent considérablement la quantité d’eau utilisée. Ensuite, ce sont des produits certifiés biodégradables dont les ingrédients sont plus doux pour l’environnement.

Informations complémentaires :

Nettoyants verts, vraiment ?

La liste des ingrédients entrant dans la composition des produits nettoyants n’étant pas à déclaration obligatoire au Canada sur les étiquettes, il devient pratiquement impossible pour le consommateur de faire un choix éclairé. On le répète souvent, mais dans ce cas particulier, méfiez-vous du « green washing ». Dans le cadre de notre « magasinage » de produits pour le présent reportage, nous avons vu une foule de produits se proclamant biodégradables, non toxiques pour l’environnement, avec le mot
« vert » apparaissant sur l’étiquette, voire dans le nom de l’entreprise, de la marque ou même de la couleur du liquide du produit nettoyant sans qu’il n’y ait aucune preuve de certifications sérieuses à l’appui de ces allégations. Certaines marques vont jusqu’à s’inventer une certification maison ! Alors, soyez vigilant.

Et le savon à vaisselle ?

Certains affirment que le savon à vaisselle est aussi efficace que les produits spécifiques et qu’il n’est pas dangereux pour la peinture. Qu’en est-il au juste ?

Nous avons posé la question à un spécialiste de l’entretien des carrosseries de voiture qui nous a déconseillé de laver la voiture avec un savon à vaisselle. En effet, selon lui, ces savons sont des dégraissants et à ce titre s’avèrent trop puissants pour les surfaces peintes des voitures.

Nous avons posé la même question à un chimiste. Ce dernier nous a plutôt dit que nous n’avions pas à nous inquiéter car les savons à vaisselle sont généralement assez doux. Il ne faut pas oublier que ces savons sont conçus pour :

• que nous puissions y mettre nos mains, et ce, sans dommage pour la peau.
• laver de la vaisselle sur laquelle on retrouve de la peinture cuite, tout comme pour la carrosserie de voiture.

Bref, si ces détergents sont assez doux pour notre porcelaine et nos mains, on peut sans crainte affirmer, selon notre chimiste, qu’ils sont assez doux pour la peinture des voitures…

Pour ce qui est de leur efficacité, règle générale, les savons à vaisselle peuvent faire un travail satisfaisant. Bien sûr, si on a roulé sur une route pleine de goudron, on risque d’avoir de piètres résultats.

Choisir un savon à vaisselle certifié biodégradable et sans phosphates avec un Ph se situant entre 5.5 et 8.5 s’avère un bon choix pour le consommateur soucieux de l’environnement et de sa carrosserie.

Du nouveau dans l’étiquetage

L'Association canadienne de produits de consommation spécialisés (ACPCS) et ses entreprises membres ont annoncé le 2 mai 2008 la mise en œuvre par l’industrie d’une initiative de communication de listes d’ingrédients. Cette initiative commencera le 1er janvier 2010 et prévoit rendre accessible la liste d'ingrédients pour diverses catégories de produits, notamment les produits pour automobile. Il est prévu que l'information sur les ingrédients soit sur les étiquettes des produits ou accessible en ligne via un site web. Pour de plus amples informations à ce sujet :
http://www.healthycleaning101.org/french/pressreleaseapr0208-f.pdf

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Liens utiles

Les Nettoyants Lemieux

http://www.nettoyants-lemieux.com/

Savons Prolav

http://www.bio-vert.com

Le site sera est en construction. Il sera disponible vers le mois de décembre. Tél: 450-664-3889



Nu-KleenAll, Innu-Science

http://www.innu-science.com/fre/About.aspx

Environnement Canada

http://www.ec.gc.ca/water/fr/info/pubs/primer/f_prim10.htm#a1

Comment contribuer à la conservation de l’eau



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