Cycle de vie

Réagissez sur notre page facebook

Nous vivons dans une société de consommation, mais il est difficile de réaliser les impacts environnementaux de ce que nous achetons. Pourtant, chaque produit, même le plus anodin, a un impact environnemental. C’est ce « coût caché » de l’objet que l’analyse du cycle de vie (ACV) veut mettre en lumière. Cette méthode standardisée selon les normes ISO évalue les impacts environnementaux générés par un produit «du berceau au tombeau ».

Du champ au site d’enfouissement

Depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie, en passant par la fabrication, l’emballage, les transports et l’utilisation, toutes les étapes ont un impact sur l’environnement.

Prenons l’exemple d’un chandail en coton. Il aura fallu pour cultiver les champs de coton utiliser de l’eau, des engrais, de l’énergie pour la machinerie. Même chose pour la transformation de la matière en tissu où on aura aussi recours aux colorants et à divers produits chimiques pour traiter les tissus. La fabrication et l’emballage du chandail exigeront de l’énergie et génèreront des déchets. La consommation d’énergie vouée au transport et à la distribution dépendra du type de véhicule utilisé, du type de carburants, des GES générés. Finalement, le chandail sera porté, lavé et séché avant de finir sa vie à l’enfouissement. Voici un aperçu des ressources utilisées.

Production, transport, fabrication
• 918 litres d’eau
• 35 MJ (1 litre équivalent pétrole)
• 20 g de fertilisant
• 170 g de produits chimiques

Utilisation (lavage et séchage)
• 2090 litres d’eau
• 160 MJ (4,5 litres équivalent pétrole)
• 730 g d’huiles végétales (pour le savon)

Lorsqu’on fait une analyse de cycle de vie, on récolte les entrées et sorties de matières et d’énergie. Ces données sont ensuite analysées de manière à évaluer les impacts potentiels du cycle de vie d’un produit sur la santé et l’environnement.

À quoi ça sert ?

Le but de l’ACV est de faire l’écobilan d’un produit. Elle permet également de démasquer les fausses bonnes idées environnementales et de mesurer l’étape du cycle de vie qui a le plus d’impacts environnementaux. Un produit pourrait consommer plus de ressources lors de sa fabrication, alors qu’un autre en utiliserait davantage lors de son transport ou de son utilisation.

Des écobilans sont déjà apposés sur les produits en Europe et au Japon. À la manière d’une étiquette alimentaire, ils affichent des informations environnementales ou une note globale qui permet au consommateur de choisir des produits plus verts. Pour l’instant, peu de produits courants ont une côte environnementale au Canada. Ce qui s’en rapproche le plus sont les logos comme celui d’ENERGY STAR qui n’analysent cependant que la consommation d’énergie.

Appliquer l’ACV au quotidien

En attendant une législation qui obligerait les fabricants à afficher leur bilan environnemental sur leurs produits, il est quand même possible de faire de meilleurs choix de consommation. Même s’ils n’intègrent pas l’ensemble du cycle de vie, on peut faire confiance aux logos attribués par des organismes tiers comme Energy Star, le Forest Stewardship Council ou l’Association canadienne de normalisation.

De plus, on peut appliquer la pensée cycle de vie quand vient le temps de faire des achats. Pour cela, il suffit de se poser beaucoup de questions : « Comment c’est fait ? D’où ça vient ? Comment c’est emballé ? Combien de temps durera ce produit ? Qu’arrivera-t-il en fin de vie ? ». Mais la question la plus importante à se poser est « Quel est le pire impact ? ». Pour y répondre, il existe un petit truc. On peut tout simplement diviser les articles en deux sortes de produits : les produits actifs et les produits passifs.

Produits actifs, produits passifs

Si vous achetez une voiture ou un réfrigérateur, c’est-à-dire un produit "actif" qui utilise de l’énergie en phase de fonctionnement, prenez celui qui en consomme le moins, quitte à le changer plus souvent pour bénéficier des progrès technologiques. En effet,
85 % des impacts environnementaux reliés aux produits actifs ont lieu lors de leur utilisation. Il faut donc s’attarder à cette phase de leur cycle de vie. Pour ce type de produit, les autres étapes comme le mode de fabrication et le transport ont moins d’importance. Parmi les produits actifs on retrouve les véhicules, les électroménagers, les ampoules incandescentes.

Les produits « passifs » comme les vêtements, les meubles, les produits alimentaires et certains appareils électroniques comme les ordinateurs, consomment peu ou pas d’énergie. Pour ces produits, les étapes de fabrication, de distribution et de fin de vie comptent plus dans la balance que l’étape d’utilisation.

Si vous avez à choisir entre deux produis égaux, comme deux stylos; évaluer l’emballage, la provenance, la possibilité de recycler la matière. Un stylo fabriqué au Canada, démontable et vendu en paquet de 10, est un choix plus responsable qu’un stylo jetable fabriqué en Chine.

Choisissez aussi des produits "passifs" de qualité afin de les conserver le plus longtemps possible. Et privilégiez les entreprises responsables qui récupéreront le produit en fin de vie. En effet, pour ces produits, il faut surtout s’intéresser aux étapes de fabrication, de distribution et de fin de vie.

Invité :

Édouard Clément,
Coordonnateur technique à la Chaire internationale en analyse du cycle de vie.
La Chaire en analyse de cycle de vie est l’une des chaires rattachées au CIRAIG. Situé à Montréal, c’est le plus gros centre de recherche en analyse de vie au monde.
http://www.chaireacv.org/fr/index.html

Informations complémentaires :

La pratique de l’ACV est encadrée par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) depuis 1997. Selon la série des normes ISO 14040, elle se décompose en quatre étapes:
• définition des objectifs et du champ de l’étude;
• inventaire du cycle de vie;
• évaluation des impacts sur l’environnement;
• interprétation des résultats.

Toute étude qui ne se réfère pas à ces standards peut être considérée comme douteuse, car sa validité scientifique (rigueur, transparence, reproductibilité) est difficile à démontrer.

Sujet : Consommer mieux   Polluer moins   Préserver la nature   Réduire / Recycler / Réutiliser   Tendances et enjeux  

Liens utiles

Ciraig

http://www.chaireacv.org/fr/index.html

Chaire internationale en analyse du cycle de vie



Ecolabelling

http://ecolabelling.org/

Guide de certification écologique



Écologo

http://www.ecologo.org/

Programme de certification environnementale canadienne



ENERGY STAR

http://oee.nrcan.gc.ca/energystar/francais/achat/index.cfm

Certification d’efficacité énergétique



Forest Stewardship Council

http://www.fscus.org/

Certification qui garantit une gestion responsable des forêts



Association Canadienne de Normalisation

http://www.csa.ca/

Aussi dans cette émission

Eau embouteillée

L'eau embouteillée: une menace pour l'environnement ?

Sujet : Consommer mieux   Polluer moins   S’alimenter  

Transport de marchandises

Le fléau du camionnage

Sujet : Tendances et enjeux  

Couvre-planchers

Maison saine et couvre-planchers

Sujet : Construire / rénover