Transport de marchandises

Par François Cardinal

Émission du 19 novembre 2008

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Lorsqu’il est question de smog et de changements climatiques, le premier réflexe est souvent de montrer du doigt les automobilistes. Après tout, 38 % des émissions de gaz à effet de serre du Québec proviennent du transport. Or en ne parlant que des véhicules personnels, on passe sous silence la moitié du problème : les camions.

Il n’y a qu’à emprunter les principales routes des grandes villes de la province pour constater le fléau que constitue le camionnage. Ces mastodontes polluent non seulement plus que les autos, ils prennent beaucoup de place sur les routes et ils doivent souvent se stationner en double, créant ainsi d’immenses entonnoirs. Ceux-ci bloquent les grands axes routiers et obligent les automobilistes à zigzaguer dans les rues, souvent résidentielles…

Le problème, c’est qu’il n’existe au Québec aucune planification appliquée au transport des marchandises. Les entreprises ont ainsi le loisir d’emprunter les rues qu’ils souhaitent, avec leurs énormes camions, pour livrer une ou deux petites boîtes. Avec les problèmes de congestion, de pollution et de qualité de l’air que cela provoque.

Concentrer les déplacements

Y a-t-il une solution ? Oui, l’implantation de centres intermodaux de marchandises, l’équivalent en quelque sorte du comptoir Sears appliqué à la marchandise…

En Europe et aux États-Unis, on teste actuellement cette idée d’implanter d’énormes centres de distribution en périphérie des grands centres (aussi appelés centres de transbordement, centres logistiques, etc.).

Ceux-ci permettent de concentrer à des endroits précis les marchandises provenant de tous les coins du pays. Une fois sur place, les boîtes sont regroupées par destinations : dans un coin on dépose ce qui s’en va sur le boulevard Saint-Laurent, par exemple, dans un autre ce qui quitte pour la rue Sainte-Catherine, et ainsi de suite. Des camions spécifiques sont ensuite affectés pour transporter les marchandises dans chaque secteur commercial, ce qui permet de réduire considérablement le nombre de camions.

Cette idée se retrouve d’ailleurs dans le plan de transport de Montréal. Elle se trouve aussi au cœur des discussions de la Commission intermunicipale de Montréal sur le transport des marchandises.

Pas surprenant, les centres de distribution permettent d’éviter les allers et retours des camions, réduisent les émissions de gaz à effet de serre et le smog, améliorent la fluidité des grands axes commerciaux, réduisent la pression sur les infrastructures routières et améliorent grandement la qualité de vie des citoyens.

Cette idée est d’autant plus intéressante qu’une fois les entrepôts implantés, il est possible d’aller plus loin, comme l’a démontrée la Ville française de La Rochelle. Celle-ci a opté pour des camions électriques pour assurer les livraisons entre les centres de distribution et le centre de la ville. Puis d’autres grandes villes l’ont imité, comme Milan, Rotterdam et Stockholm. À quand les centres logistiques au Québec?

Sujet : Tendances et enjeux  

Liens utiles

Le plan de transport de Montréal

http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_dad=portal&_pageid=4577,7757563&_schema=PORTAL

Le projet de la Ville de La Rochelle

http://fr.wikipedia.org/wiki/Elcidis

Autre lien sur la Ville de La Rochelle

http://www.elcidis.org/

Ministère du développement durable, Environnement et Parcs

http://www.mddep.gouv.qc.ca/changements/ges/2005/index.htm

Les émissions de gaz à effet de serre du Québec par secteur



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