Les fluocompactes, un bon choix ?

Par François Cardinal

Émission du 25 mars 2009

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L’ampoule fluocompacte est devenue ces dernières années le symbole officiel des bonnes habitudes environnementales, tandis que sa contrepartie incandescente, la bonne vieille ampoule à filament, est devenue l’emblème du gaspillage.

Cela est si vrai que le gouvernement canadien n’a pas hésité à bannir carrément les ampoules ordinaires, qui ne seront plus en vente dès 2012 au pays.

Or on peut à juste titre se poser des questions sur une interdiction aussi radicale, qui est peut-être justifiée dans le reste du Canada, mais beaucoup moins au Québec. Ce simple geste pourrait en effet se traduire, dans la province, par une hausse des émissions polluantes équivalente à l’ajout de 40 000 voitures sur les routes, selon une étude de l’Université de Toronto, dont les conclusions sont corroborées par une récente analyse d’Hydro-Québec.

Il est de bon ton de pourfendre les ampoules à filament pour leur mauvais rendement : 5 % de l’électricité qu’elles exigent sert à les allumer, le reste est transformé en chaleur. En misant sur des fluocompactes, on élimine ce «gaspillage».

Or il appert qu’une portion des maisons québécoises a davantage besoin de cette valeur calorifique que l’on pensait…

En effet, 16 % de ménages québécois chauffent au mazout ou au gaz naturel, un taux qui est revu à la hausse chaque année. Le jour où ils retirent leurs bonnes vieilles ampoules pour les remplacer par des fluocompactes, ils doivent demander à leur système de chauffage de combler les quelques degrés ainsi perdus…

Résultat : la généralisation des fluocompactes se traduiront au Québec par une réduction de la facture d’électricité (propre), mais une augmentation de la facture de chauffage en hiver (moins propre).

Selon les chercheurs, cela se traduira par l’émission de quelque 220 000 tonnes de CO2 supplémentaire, chaque année.

Le Québec est pour l’instant la province où les bénéfices de l’ampoule fluocompacte semblent les moindres, car l’étude ne s’est pas encore attardée aux autres provinces.

Mais on prévoit des résultats similaires au Manitoba, au Labrador et en Colombie-Britannique, en raison de portefeuilles énergétiques proches de celui du Québec.

Que doit donc faire une famille qui chauffe au mazout ? Elle peut conserver ses fluocompactes l’été, mais changer pour des ampoules incandescentes l’hiver, si elle ne souhaite pas augmenter ses émissions de gaz à effet de serre. Et si elle veut se faciliter la vie? Il vaut mieux qu’elle privilégie les ampoules à incandescence à l’année longue.

Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

Par contre, pour les 84 % des ménages québécois qui chauffent à l'électricité, l'ampoule fluocompacte a moins d'impacts environnementaux que l'ampoule à incandescence.

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