Couches biodégradables

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Une téléspectatrice de La vie en vert, Laurence Morin-Rivet, nous a écrit en début de saison pour savoir si les nouvelles couches jetables biodégradables qu’on retrouve dans les commerces sont vraiment intéressantes d’un point de vue environnemental. Nous sommes allés chez elle, à Québec, pour lui faire tester deux marques de couches biodégradables, les Moltex et les gDiaper. Et pour répondre à ses questions, nous avons rencontré un expert en gestion des matières résiduelles, Marc Oliver.

Invités

Laurence Morin-Rivet, une jeune maman de Québec, et sa fille, Jade.
Marc Oliver, spécialiste en gestion des matières résiduelles

Les produits testés

À la maison, Laurence utilise des couches lavables, mais elle doit acheter des couches jetables pour les jours de garderie. Comme Laurence se préoccupe de l’environnement, elle aimerait une option plus écologique pour remplacer les couches de plastique. Mais elle n’est pas certaine que les couches biodégradables soient vraiment plus intéressantes d’un point de vue environnemental, un questionnement qui rejoint plusieurs parents, particulièrement à cause du prix supplémentaire à payer pour ces couches.

Nous avons demandé à Laurence de tester deux couches jetables: la Moltex, une couche jetable composées à 50 % de matières premières renouvelables non blanchies et la gDiaper, une couche dont la bourre biodégradable peut être jetée à la toilette, à la poubelle ou au compost. Au terme du test, la maman devra nous dire si ces couches ont tenu bébé au sec, si elles résistent aux fuites et si elles sont faciles à utiliser.

L’avis du spécialiste

Les matériaux utilisés pour fabriquer les couches biodégradables sont-ils vraiment plus intéressants d’un point de vue environnemental ? Les couches jetables biodégradables sont-elles meilleures pour l’environnement que les couches de plastique une fois à l’enfouissement ou incinérées, comme c’est le cas à Québec ? Ces couches sont-elles compostées par les municipalités ? Que deviennent-elles dans un égout ? Pour répondre aux questions de Laurence, nous sommes allés rencontrer Marc Oliver, un spécialiste des matières résiduelles. Après les avoir analysées, voici ses conclusions.

Les matières utilisées

• La fabrication de polymères à partir de matières végétales comme le maïs, le bois et le coton a autant d’impact, sinon plus, que la fabrication des polymères issus des produits pétroliers. Il serait donc erroné de croire que cela constitue un avantage.

La fin de vie

• Les produits biodégradables n’ont pas d’avantages réels s’ils se retrouvent à l’enfouissement ou à l’incinération. Les couches biodégradables pourraient même générer plus de gaz à effet de serre dans un site d’enfouissement que les couches jetables en plastique.
• La bourre jetable aux toilettes de la gDiaper pourrait causer des problèmes lors du traitement des eaux, car les égouts sont à pleine capacité dans plusieurs municipalités du Québec.
• La partie compostable de la gDiaper ne peut pas être compostée dans un composteur individuel s’il y a présence de selles, et il est irréaliste de composter plusieurs couches remplies d’urine tous les jours.
• La partie compostable des gDiaper pourrait être intéressante si les couches étaient acceptées dans les sites de compostage industriels des municipalités, mais ce n’est malheureusement pas le cas au Québec.

Le prix des couches

Selon les prix non-soldés en magasin, les couches Huggies utilisées par Laurence coûtent 34 cents l’unité, alors que les gDiapers et les Moltex coûtent entre 63 et 69 cents l’unité. Pour un bébé de l’âge de Jade qui les utiliserait à temps plein, c’est presque 1 000 $ de plus par année qu’une couche de plastique normale.

Le verdict du spécialiste

Au Québec, la meilleure solution d’un point de vue environnemental est d’utiliser une couche lavable la plupart du temps et une couche jetable conventionnelle pour la garderie et les sorties.

Le verdict de la maman

Laurence n’a pas apprécié les couches gDiaper qui, selon elle, sont difficiles à manipuler une fois souillées. Par contre, elle a bien aimé la Moltex et elle les aurait choisies si elles étaient meilleures pour l’environnement que les couches de plastique. Cependant, vu les conclusions du spécialiste, la jeune maman va investir l’argent qu’elle aurait consacré aux couches biodégradables dans d’autres actions qui auront plus d’impacts positifs sur l’environnement (par exemple, en achetant des aliments biologiques produits au Québec pour sa fille).

Informations complémentaires

• Selon Environnement Canada : On jette aux rebuts plus de 4 millions de couches jetables par jour au Canada.

• Au Québec seulement, il s'en retrouve plus de 600 millions au dépotoir chaque année. Cela équivaut à 60 000 tonnes de déchets, qui demanderont jusqu'à 500 ans avant de se décomposer.

• Au cours de ses deux premières années, il faut changer de 5 000 à 7 000 fois la couche d'un bébé...Ça fait beaucoup de couches !

• Même quand on utilise des couches jetables, il faut en vider le contenu dans la toilette afin que les déchets puissent être traités adéquatement.

Sujet : Consommer mieux   Polluer moins   Prendre soin de soi  

Liens utiles

EnviroZine, L’actualité environnementale canadienne

http://www.ec.gc.ca/envirozine/french/Issues/45/any_questions_f.cfm

Les avantages écologiques de l'utilisation de couches en tissu par rapport à celle de couches jetables.



MamaZone Blogue

http://www.mamazone.ca/blog/?page_id=65&language=fr

Où acheter des couches jetables écologiques?



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