Investir vert

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On entend de plus en plus parler d’investissements « verts ». Depuis quelques années, on peut même parler d’un réel engouement. « Au début, on était perçus comme des marginaux, dit Olivier Gamache, président-directeur-général du Groupe Investissement Responsable. Puis on a vu la vague se créer avec des gens qui ne voulaient pas contribuer aux problèmes environnementaux. Des gens qui, aujourd’hui, veulent plutôt faire partie de la solution. »

Investir vert, c’est une façon d’encourager une économie plus verte. C’est refuser de financer des entreprises qui se soucient peu de l’impact de leurs activités sur l’environnement. C’est, en somme, une façon de faire travailler son argent… dans la bonne direction !

Les investisseurs qui connaissent bien les marchés boursiers peuvent acheter directement des actions d’entreprises plus
« vertes ». Les autres devraient plutôt investir dans des fonds où des gestionnaires sélectionnent, pour vous, les entreprises les plus prometteuses…

Filtre positif / Filtre négatif

Parmi les fonds environnementaux qui existent actuellement, certains investissent dans des entreprises qui conçoivent des solutions énergétiques d’avenir, qui inventent de moyens de lutter contre la pollution, qui font du recyclage ou qui gèrent les eaux usées.

Mais tous les fonds verts ne sont pas égaux. En y regardant de plus près, on découvre que certains fonds d'investissement même dans des compagnies pétrolières…

N’est-ce pas incohérent ? « Dans les grandes stratégies de base en ce qui concerne les fonds éthiques, il y a le filtre positif et le filtre négatif, explique M. Gamache. Le filtre négatif éliminera d’un portefeuille des entreprises qui ont de mauvais comportements. Le filtre positif, en revanche, encouragera plutôt certaines compagnies qui ont les meilleures pratiques. C’est une approche qui a pour but de favoriser le meilleur d’un secteur. »

C’est ainsi qu’on peut retrouver une compagnie pétrolière dans un fonds dit « environnemental ». Il s’agira cependant de la compagnie pétrolière qui fait le plus d’efforts pour minimiser son impact environnemental.

« Le pétrole, les mines, l’aluminium (des industries polluantes) font partie de notre économie canadienne, dit le conseiller financier Michel Marcoux. Une personne qui n’investirait pas un sous dans ces secteurs risque, au moment de la retraite, de manquer de revenus. Le rendement du portefeuille est aussi important. »

Justement, investir vert, est-ce rentable ? Mettre une bonne partie de ses économies dans des fonds éthiques axés sur des critères environnementaux est un beau geste écocitoyen… mais on est tout de même en droit de s’attendre à un retour sur l’investissement !

Si, il y a quelques années, il était difficile d’établir clairement le rendement de plusieurs fonds « verts », ce n’est plus le cas aujourd’hui. « On réalise que les rendements des fonds verts ne sont ni plus ni moins élevés que pour les fonds conventionnels, explique Michel Marcoux. Vous ne mettrez donc pas en péril votre retraite en investissant dans ces fonds. »

À titre d’exemple, l’Indice Jantzi (un indice composé d’entreprises canadiennes sélectionnées selon des critères environnementaux et sociaux) a connu un rendement annualisé (sur 5 ans) de 11,42 %. L’indice S&P/TSX (marché d’actions canadiennes) a fait à peine un peu plus, avec un rendement annualisé de 12,04 %.

« Personnellement, j’ai tellement une grande confiance dans les fonds environnementaux qu’ils pourraient très bien composer
100 % du portefeuille d’un investisseur, dit M. Marcoux. Il y a suffisamment de fonds différents pour avoir un portefeuille très bien diversifié. »

Mais qu’est-ce qui nous dit que l’investissement vert n’est pas une bulle qui pourrait éclater du jour au lendemain, comme la bulle techno au début des années 2000 ? « Peu probable », répond Michel Marcoux. C’est que le monde a entrepris un sérieux virage environnemental. Les gouvernements instaurent des mesures incitatives pour favoriser le développement d’énergies propres, subventionnent la recherche sur le développement durable, etc. « Tout ce branle-bas favorisera évidemment les entreprises
vertes », indique le conseiller.

Comment verdir son portefeuille?

« La première chose à faire, c’est appeler son conseiller financier ou son institution financière, dit Michel Marcoux. De plus en plus, on retrouve dans ces firmes-là des gens qui se sont intéressés à la question des fonds éthiques. Trouver de l’information est donc de plus en plus facile. »

Qui aurait cru qu’un simple coup de fil à sa banque pouvait être un geste pour la planète?

Intervenants

Michel Marcoux, conseiller financier et auteur d’un livre sur les fonds éthiques et responsable

Olivier Gamache, président-directeur-général du Groupe Investissement Responsable

Sujet : Investir   Tendances et enjeux  

Liens utiles

Jantzi Social Index

http://www.jantzisocialindex.com

Groupe Investissement Responsable

http://www.investissementresponsable.com/

Investir vert, une chronique de Michel Marcoux

http://avantages.wod.ca/news/06vert.htm

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