Manger moins de viande

Par Ève Beaudin

Émission du 14 janvier 2009

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Ce n’est jamais facile de changer nos habitudes de consommation, surtout lorsqu’il est question d’alimentation. Mais de plus en plus, les groupes environnementalistes nous incitent à revoir notre consommation de viande. Et le bœuf est particulièrement pointé du doigt.

La production animale a plusieurs impacts environnementaux, dont la pollution de l’eau et de l’air, la dégradation des sols et la déforestation. Elle affecte aussi la disponibilité des stocks mondiaux de grains, un problème particulièrement important à l’heure où une crise alimentaire secoue le monde. On estime que le tiers des surfaces cultivées sert à produire des grains destinés à l’alimentation des animaux. Cela réduit les stocks destinés à la consommation humaine, créant une rareté et augmentant le prix des céréales.

Les animaux de boucherie consomment beaucoup de céréales. Pour chaque kilo de carcasse, un bœuf consomme entre 6 et
12 kg de grains. Le porc et le veau, entre 3 et 4 kg. La volaille, à peine 2 kg. Et les poissons omnivores, (qui se nourrissent de susbtances variées, d'origine animales ou végétales) entre 1 et 2 kg. On comprend donc que consommer de la volaille est un meilleur choix d’un point de vue environnemental que le bœuf.

De plus, les ruminants comme le bœuf sécrètent des bactéries qui, au moment de la digestion, produisent du méthane, un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le CO2. Une vache adulte produit environ 600 litres de méthane pur tous les jours, ce qui peut se comparer à l’utilisation d’une petite voiture sur 40 kilomètres.

Au niveau mondial, l’agriculture produit entre 17 % et 32 % de tous les gaz à effet de serre et une grande partie est directement ou indirectement reliée à la production de bétail. Les données fournies par le gouvernement canadien, estime que seulement 5 % des gaz à effet de serre sont attribuables à la production animale. Cet écart s’explique par le fait que les données récoltées n’incluent pas certains secteurs d’activités connexes, comme le transport, la transformation et la mécanisation, qui augmenteraient ce pourcentage.

Pour toutes ces raisons, les groupes environnementalistes encouragent la population à diminuer sa consommation de viande. Un effort qui en vaut la peine, car si la population canadienne diminuait de moitié sa consommation de viande, on pourrait atteindre les objectifs du protocole de Kyoto.

Trucs pour manger moins de viande

• La première chose que l’on peut faire est de diminuer la taille de nos portions. Un truc infaillible : servez-vous une portion de la taille de la paume de votre main. C’est une excellente mesure car elle vous assure d’avoir des protéines en quantité suffisante par rapport à votre taille.

• Les protéines ne devraient pas occuper plus du tiers de votre assiette. La plus grande partie, soit la moitié, devrait être occupée par des légumes ou des fruits. Le quart restant devrait être occupé par des grains.

• Deux ou trois fois par semaine, remplacez la viande par un produit de la mer, comme les poissons et les fruits de mer.

• Remplacer les protéines animales par des protéines végétales, comme les légumineuses, les noix ou le tofu. Inspirez-vous des cuisines du monde !

Liste des invités

Éric Darier, Directeur de Greenpeace Québec.
Philippe Rochette, Agrométéorologue, Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Hélène Laurendeau, Nutritionniste.
Mélanie Blouin, Sous-chef, Restaurant Club Chasse et Pêche.

Informations complémentaires

Comment l’agriculture peut contribuer à la lutte aux changements climatiques
Version en français du résumé exécutif du rapport de Greenpeace publié, le 8 janvier 2008, sous le titre : Cool Farming : Climate Change of Agriculture and Mitigation Potential. Ce rapport a été écrit pour le compte de Greenpeace par le professeur Pete Smith, de l’Université d’Aberdeen, en Écosse. Pete Smith agit également comme l’un des principaux auteurs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Rien de personnel ! Mais que cela vous plaise ou non, le fait de manger de la viande devient un problème pour nous tous sur la planète.
Un rapport publié conjointement par le magazine L’État du la Planète et le World Watch Institute.

L’élevage aussi est une menace pour l’environnement
Ce rapport de la FAO publié en 2006 s’intéresse aux impacts des élevages sur l’environnement. Le rapport Livestock’s long shadow est disponible dans l’onglet de droite, en anglais seulement.

Sujet : Préserver la nature   S’alimenter  

Liens utiles

Rapport de Greenpeace

http://www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et-liens/documents/agriculture-contribution-changements-climatiques-resume-fr

Version en français du résumé exécutif du rapport de Greenpeace publié, le 8 janvier 2008



Rien de personnel !

http://www.delaplanete.org/Rien-de-personnel.html

Rapport publié conjointement par le magazine L’État du la Planète et le World Watch Institute.



FAO. Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation

http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2006/1000448/index.html

Impacts de l'élevage sur l'environnement



Guide alimentaire canadien

http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/food-guide-aliment/index-fra.php

Pour connaître la taille des portions de protéines animales et végétales recommandées.



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