100km/h : pour rouler vert et pas cher !

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Levez le pied est l'un des premiers conseils qu'on nous donne pour réduire notre consommation d'essence et nos gaz à effet de serre. On a voulu constater par nous-mêmes l'efficacité de ce conseil, en demandant à une automobiliste qui parcourt de grandes distances et qui, selon ses propres dires, a le pied pesant de ralentir la cadence. Les résultats vous surprendront !

Volontaire

Michèle Grondin est une conductrice qui fait environ 400 km par semaine. Elle effectue la moitié de ses déplacements en ville et l’autre moitié sur l’autoroute. Elle emprunte principalement l’autoroute 20, car elle fait plusieurs fois par mois l’aller-retour Drummonville-Montréal. Généralement, Michèle paie environ 3 000 $ par année pour son essence.

Bien qu’elle se dise prudente, Michèle a, de son propre avis, le pied un peu lourd ! En ville, elle conduit de façon sportive et sur l’autoroute, elle dépasse la limite de vitesse autorisée. « C’est que je suis pas mal occupée et souvent en retard. J’essaie donc de gagner du temps sur la route ! » En effet, Michèle est persuadée que sa conduite nerveuse lui fait économiser du temps même si les études démontrent l’inverse.

Test proposé

Pendant la première partie du test, nous avons demandé à Michèle de conserver ses habitudes de conduite normales, soit une conduite rapide sur l’autoroute et sportive en ville. Pendant la seconde moitié, elle devait s’efforcer d’adopter une conduite éco-énergétique, soit : respecter la vitesse prescrite sur les routes et les autoroutes, garder une vitesse constante, faire des démarrages contrôlés et des arrêts moins brusques. Ce genre de conduite permet d’éviter le gaspillage d’essence entraîné par les accélérations et les arrêts trop brusques. Un bon truc pour adopter une conduite éco-énergétique : anticiper le trafic en gardant une bonne distance avec la voiture devant soi.

Instrument de mesure

Pour bien mesurer la consommation d’essence de chacun des segments du test, nous avons posé un appareil sur la voiture de Michèle. Jacques DeLarochelière, le propriétaire d’ISAAC Instruments, a installé une boîte noire qui récolte les données fournies pas l’ordinateur de bord de la Toyota Camry 2007. Cet appareil recueille des informations comme la vitesse moyenne, les pointes d’accélération, la durée des trajets et la consommation d’essence. « On va voir comment sa façon de conduire joue sur sa consommation d’essence et ses émissions de gaz à effet de serre, explique Jacques DeLarochelière. Les variations de vitesse, les accélérations et les arrêts brusques qui utilisent beaucoup les freins augmentent considérablement la consommation d’essence. » Grâce à cet appareil, nous pourrons vérifier si l’adoption d’une conduite plus écologique a diminué la consommation d’essence de notre volontaire.

Conduite et gaz à effet de serre

Au Québec, près de 40 % des gaz à effet de serre sont reliés aux transports. Selon Karel Mayrand, Directeur général de la Fondation David Suzuki du Québec, il n’est pas étonnant que les conducteurs aient du mal à faire le lien entre leurs habitudes de conduite et leur consommation trop élevée d’essence. « Dans la plupart des voitures, on n’a pas d’indicateur sur le tableau de bord qui nous donne notre consommation d’essence. Et si on se fie aux données du constructeur automobile sur la consommation d’essence du véhicule, ça postule que chaque conducteur roule de façon totalement efficace, ce qui n’est pas le cas du tout. »

Sur l’autoroute, notre vitesse peut augmenter considérablement notre consommation d’essence. Une voiture qui consomme 10 litres au 100 km à une vitesse de 100 km/h, en consommera 20 % de plus en roulant à 120km/h. Le véhicule consomme donc 12 litres au 100 km, c’est deux litres et deux dollars de plus pour parcourir le même trajet. « Si on multiplie ça par 20 000 km par année, ça fait une différence ! Mais en ville, c’est encore plus important car nos autos consomment plus d’essence que sur l’autoroute. Une conduite sportive en ville peut augmenter de 40 % notre consommation d’essence. Alors il faut faire tout ce qu’on peut pour diminuer les accélérations brusques. », explique Karel Mayrand.

Une semaine plus tard : les impressions de Michèle Grondin

Michèle Grondin est très surprise de voir les économies d’argent qu’une conduite écologique lui a fait faire. Pour chacun des trajets aller-retour entre Montréal et Drummondville, elle a économisé entre 3 $ et 5 $, selon le prix de l’essence de la journée.

Mais ce qui l’a encore plus étonné, c’est que la conduite éco-énergétique ne lui a pas fait perdre beaucoup de temps. « J’ai remarqué qu’entre Drummondville et Montréal, mon trajet en conduite écolo ne m’avait pris que 3 minutes de plus ! Je pensais vraiment que j’économisais beaucoup plus de temps ! Aussi, ajoute Michèle, ce que j’ai trouvé agréable, c’est qu’en adoptant une conduite écolo, je me sentais beaucoup plus relaxe. C’est aussi plus agréable pour les passagers. Par contre, ce que j’ai moins aimé, c’est de toujours me faire dépasser et de sentir le regard des autres conducteurs. J’avais l’impression de nuire à la circulation. »

L’analyse des données récoltées par l’appareil

Au terme du test, Jacques DeLarochelière interprète pour nous les données que son appareil a récoltées. « Ces données concernent la vitesse, le régime-moteur, les accélérations et la consommation d’essence de Michelle. Ça permet aussi d’isoler les tronçons d’autoroutes et de villes. », explique-t-il. Ainsi, nous apprenons que sur l’autoroute, Michelle consomme jusqu’à 11 litres d’essence aux 100 km quand elle roule rapidement, contre 6,7 litres aux 100 km lorsqu’elle réduit sa vitesse à 100 km/h.
« C’est 65 % de plus de consommation pour de mauvaises habitudes », résume Jacques DeLarochelière. En ville, les résultats sont encore plus surprenants. « La consommation de Michèle monte jusqu’à 44 litres aux 100 km quand elle est pressée, par rapport aux 10 ou 11 litres que nécessite sa conduite écologique ! Ceci s’explique par ses accélérations trop rapides et sa vitesse trop élevée. Tout ça pour une économie de temps négligeable. »

Économies d’argent

Peut-on extrapoler l’argent que notre conductrice pourrait économiser annuellement en adoptant une conduite éco-énergétique ? « Michèle dépense un tiers de sa facture en carburant inutilement. Elle pourrait donc économiser 1000 $ par année. », révèle M. DeLarochelière à notre conductrice étonnée. « Avec cet argent, je pourrais me payer un voyage par année.» Un argument convaincant !

Réduction des gaz à effet de serre

Karel Mayrand, est très impressionné par les résultats du test de conduite écolo effectué par Michèle Grondin. « Un tiers de réduction dans la consommation d’essence, c’est un tiers de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. » Si Michelle adoptait définitivement une conduite écologique, elle pourrait réduire de 2 tonnes ses émanations de GES par année. « C’est très important. Si chaque conducteur du Québec faisait la même chose, on pourrait réduire de 4 millions de tonnes les émanations des GES, ce qui contribuerait à atteindre les objectifs du protocole de Kyoto sans même réduire le nombre de véhicules sur les routes ni le nombre de kilométrages effectués ! » Collectivement, c’est peu d’efforts, et les résultats sont révélateurs!

Verdict

L’économie substantielle d’argent et le peu de différence de temps à accorder aux déplacements ont déjà convaincu Michèle de la validité d’une conduite éco-énergétique. La réduction des émissions de gaz à effet de serre vient ajouter à sa motivation.
« Quand on voit l’impact qu’on peut avoir sur l’environnement, on voit que ça vaut la peine de changer nos habitudes. Je vais faire mon possible pour améliorer ma conduite pour qu’elle soit plus écologique. Ça vaut la peine. »

Les invités

Jacques DeLarochelière, propriétaire d’ISAAC Instruments
Karel Mayrand, Directeur général pour le Québec, Fondation David Suzuki
Michelle Grondin, notre volontaire pour le test de conduite éco-énergétique.

Informations complémentaires

• Passer de 110 km/h à 100 km/h sur l’autoroute correspond à une économie de 10 % d’essence.

• Chaque litre d’essence consommé équivaut à 2,4 kg d’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

• Une étude a démontré qu’une conduite nerveuse diminue de seulement 4 % le temps de déplacement. Pour un trajet d’une heure, c’est l’équivalent de 2,5 minutes !

• Entretenir sa voiture régulièrement vous permettra aussi de réduire votre consommation inutile d’essence.

• Évitez les chargements qui alourdissent la voiture et augmente la résistance à l’air. Enlevez le porte-bagages ou le coffre de toit si vous ne l'utilisez pas et retirez tous les objets lourds du coffre qui ne vous sont pas utiles.

• Éviter la marche au ralenti. Un moteur qui tourne au ralenti pendant 10 minutes chaque jour consomme en moyenne 100 litres d’essence par année. Arrêter et redémarrer le moteur d’un véhicule consomme moins de carburant que de le laisser tourner au ralenti pendant 10 secondes.

• Optez pour le modèle de véhicule le plus éco-énergétique possible quand vient le temps de le changer.

Calculer la consommation d’essence de notre voiture
Source : Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

Méthode :
• Lors de votre prochain plein, notez le nombre de litres requis pour remplir votre réservoir d'essence.
• Remettez le compteur de kilométrage à zéro (si vous en possédez un).
• Lorsque votre réservoir sera presque vide, notez le kilométrage parcouru et référez-vous à la règle ci-dessous afin de calculer votre consommation d'essence, soit en litres/100 km ou en milles/gallon

Comment calculer :
Afin de calculer votre consommation en litre/100 km, prenez la quantité d'essence notée, multipliez là par 100. Finalement, divisez par votre distance parcourue. Vous obtiendrez ainsi votre consommation en litre/100 km.

Charte sur la consommation de carburant et des émissions de GES
Maintenant que vous avez calculé la consommation d'essence de votre véhicule, il est temps de savoir si celui-ci offre un rendement adéquat. Pour ce faire, vous pouvez vous référer aux informations ci-dessous dans lesquelles vous trouverez la consommation moyenne en litre/100km pour différentes catégories de voitures de l'année 2003, ainsi que les taux d'émission moyens de gaz à effet de serre (GES) émis par ces véhicules par année.

Sous-compacte
11,8 L/100 km
4 764 kg de CO2 par année

Compacte
10,5 L/100 km
4 234 kg de CO2 par année

Intermédiaire
11,9 L/100 km
4 702 kg de CO2 par année

Grande berline
12,8 L/100 km
5 040 kg de CO2 par année

Utilitaire-sport
14,9 L/100 km
6 009 kg de CO2 par année

Camionnette
16,3 L/100 km
6 405 kg de CO2 par année

Sujet : Polluer moins   Se déplacer / voyager  

Liens utiles

Association Québécois de lutte conte la pollution atmosphérique (AQLPA)

http://www.aqlpa.com/index.php?option=com_content&task=view&id=46&Itemid=68

Pour avoir des conseils sur de saines habitudes de conduite et savoir comment calculer votre consommation d’essence.



Environnement Canada pour une conduite écologique

http://www.ec.gc.ca/cleanair-airpur/Sur_la_route-WSC08EEDD9-0_Fr.htm

Une foule de conseils pour modifier ses habitudes de conduite, bien entretenir son véhicule et réduire les émissions de gaz à effet de serre.



Office de l’efficacité énergétique

http://oee.rncan.gc.ca/transports/personnel/conduite/conducteurs-bon-sens-au-volant.cfm?attr=8

La série vidéo « Le bon sens au volant » met en évidence les répercussions financières et environnementales de vos habitudes d'achat, de conduite et d'entretien des véhicules.



CAA Québec

http://www.caa.ca/eco/francais/you/road.html

L’éco-mobilité, feu vert à un environnement sain donne des trucs aux conducteurs qui veulent réduire leur consommation d’essence.



ISAAC instruments

http://www.isaac.ca

Les clients de cette compagnie sont surtout des fabricants qui testent des véhicules et des entreprises de camionnage qui désirent mieux gérer leur flotte de camions.



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