Maison verte, maison LEED

Par Pascale Tremblay

Émission du 18 février 2009

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Capteurs solaires, chauffage par géothermie, isolation maximale des murs et plafonds, peinture non toxique, autant de caractéristiques associées aux maisons et aux bâtiments verts. On entend parler de plus en plus souvent de ce type de constructions, mais ont-elles toutes la même valeur ? Pour s’y retrouver, pour que tous les bâtiments puissent être évalués à l’aide de critères objectifs, il existe la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), un outil efficace pour mieux comprendre l’esprit et la lettre des constructions vertes.

Pour mieux voir sur le terrain de quoi a l’air un bâtiment vert, La vie en vert s’est rendu chez l’architecte Ron Rayside sur la rue Ontario est à Montréal. Ce dernier a transformé un bâtiment à l’abandon, un ancien dépanneur à la façade placardée, en un ensemble bureaux-logements qui comporte de nombreuses caractéristiques vertes tout en offrant un design attrayant. « Comme on devait de toutes façons tout refaire, nous nous sommes dits qu’il fallait en profiter pour faire un projet axé sur l’environnement et tant qu’à faire, pourquoi pas un projet LEED ? », explique Ron Rayside.

Plus le pointage est élevé, plus on est vert

La certification LEED origine des États-Unis, plus particulièrement du US Green Building Council. Depuis quelques années, le Conseil du bâtiment durable du Canada a pris la relève et émet des certifications LEED locales. « Une certification LEED, c’est un système de pointage. Plus on adopte des pratiques qui sont respectueuses de l’environnement, plus on obtient des points. Cela peut toucher plusieurs secteurs comme la consommation d’énergie, la consommation d’eau, la gestion des déchets de chantier et ainsi de suite », précise Ron Rayside.

La Place Ville-Marie … à l’envers

Un des principaux éléments verts du projet Rayside, c’est le système de chauffage par géothermie. « Nous avons fait creuser quatre puits d’une profondeur de 150 mètres (500 pieds), C’est l’équivalent de la hauteur de la Place Ville-Marie, mais à
l’envers ! », explique Antonin Labossière, chargé de projet chez Rayside. « Nous profitons de la température constante du sol à cette profondeur », ajoute-t-il. Dans les tuyaux qui se rendent au fond des puits circule un liquide qui se réchauffe au contact du sol et qui achemine cette chaleur vers le bâtiment. Ça, c’est pour l’hiver. L’été, c’est l’inverse, la température ne change pratiquement pas, mais comme il fait très chaud en surface, le liquide qui circule dans les tuyaux permet de climatiser les locaux.

L’espace bureau de même que chacun des logements possède son propre tuyau et sa propre thermopompe. Cette dernière produit de l’air chaud ou froid selon la saison à partir du liquide qui circule dans les tuyaux. Même s’il faut de l’électricité pour faire fonctionner pompe et thermopompes, il en faut beaucoup moins que si on chauffait ou climatisait l’espace avec des techniques conventionnelles.

Ventilation naturelle, paille pressée et toit vert

Bien sûr, il faut plus qu’un système de chauffage, si performant soit-il, pour qu’un bâtiment soit considéré vert. Dans l’édifice Rayside, les murs ont été isolés au maximum, les fenêtres sont à triple vitrage. Certaines fenêtres s’ouvrent pour permettre une ventilation naturelle. Combinée à des ventilateurs de plafond, cette caractéristique permet principalement de n’utiliser la climatisation qu’en dernier recours.

Tout l’éclairage de l’édifice est assuré par des ampoules fluocompactes. Pour réduire la consommation d’eau, on a recours à des toilettes avec chasses d’eau qui peuvent passer, au besoin, de 3 litres à 6 litres. Dans les logements, les planchers sont en bois francs provenant de forêts certifiées; dans l’espace bureau, ils ont été laissés en béton pour réduire les matériaux de recouvrement. Les revêtements intérieurs ont été recouvert de peintures qui ne dégagent pas de COV (composés organiques volatils) tandis que plusieurs composantes du mobilier sont fait de panneaux de paille pressée.

Pour couronner le tout, une terrasse et un petit potager de fines herbes ont été aménagés sur le toit, une excellente façon de lutter contre le phénomène des îlots de chaleur.

Accessible à tous ?

Obtenir une certification LEED ajoute évidemment aux coûts de construction. « C’est certain que c’est un peu plus cher. Mais dans le cas du système de chauffage géothermique, ce sera payant à long terme, il y a aura un retour sur l’investissement », précise Ron Rayside, en ajoutant qu’il est possible de s’inspirer de la philosophie LEED sans absolument obtenir la certification.

Dans le même ordre d’idée, il est pertinent de penser aux impacts environnementaux d’un projet à toutes les étapes de celui-ci incluant sa période d’utilisation. Par exemple, le mode de transport des futurs occupants a une importance. Pour la certification LEED résidentielle, on peut obtenir des points si la maison est facilement accessible par transport en commun. Dans le cas de l’édifice de la rue Ontario est, en plus d’être tout près d’une bouche de métro, le bâtiment réserve ses deux seuls espaces de stationnement pour des voitures en partage de Communauto.

Au cours des prochaines années, on verra vraisemblablement des quartiers complets adhérer à la philosophie LEED. Une certification spécifique est même déjà disponible pour des cas semblables et au moins un arrondissement de Montréal a un projet concret de quartier LEED.

Depuis peu une certification LEED est disponible pour les maisons. Le processus d’accréditation est un peu moins complexe que pour les immeubles comme celui de M. Rayside. Mais, comme le souligne l’architecte Daniel Smith, du bureau Smith et Vigeant architectes et président sortant de la section québécoise du Conseil du bâtiment durable du Canada, pas besoin d’obtenir une certification LEED pour avoir une maison verte. « La maison verte parfaite n’existe pas. Il existe plusieurs types de maisons vertes et l’important c’est de la construire en fonction de nos besoins. » La certification LEED garanti aux acheteurs que la maison est bel et bien écologique, mais elle peut aussi servir d’inspiration pour ceux qui désirent construire une maison plus verte.

Invités

Ronald Rayside, architecte. Ronald Rayside est en plein processus de certification LEED
Daniel Smith, architecte (Smith et Vigeant architectes.

Sujet : Construire / rénover   Préserver la nature  

Liens utiles

LEED for Homes au Québec

http://www.ecohabitation.com

L’organisme Écohabitation est l’agence de vérification LEED for Homes au Québec



Conseil du bâtiment durable du Canada

http://www.cagbc.org/uploads/Systeme%20evaluation%20des%20batiments%20ecologiques.pdf

Document qui comprend notamment la grille d’évaluation de LEED



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