Suremballage

Par Steve Proulx

Émission du 4 novembre 2009

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À l’épicerie, quel emballage choisir ? Avec l’arrivée de nouveaux emballages comme les poches en plastique ou le Tetra Pak et la disparition progressive du verre, il devient de plus en plus difficile de trouver l’emballage le moins nocif pour l’environnement. Voici donc un petit guide d’achats plus écologiques.

Selon RECYC-QUÉBEC, 26% de tous les rebuts que l’on génère, recyclable ou pas, sont des emballages. On en recycle une bonne partie. Il suffit de jeter un œil à ce que l’on met chaque semaine dans son bac vert pour le constater.

Mais, on en jette encore beaucoup. 20 % du contenu de nos poubelles sont des emballages de produits de toutes sortes. Souvent, il s’agit d’emballages qui ne sont pas recyclés au Québec, telles ces fameuses barquettes de plastique no 6.

Selon Statistique Canada, chaque Canadien jette chaque jour environ un demi-kilo d’emballages. Cela fait 182,5 kilos
par an (400 livres) !

Malgré nos efforts pour mettre au bac vert les emballages recyclables, il reste que nous sommes, en tant que consommateurs, contraints d’acheter des emballages qui ne se recyclent tout simplement pas.

Au supermarché, par exemple, il est difficile d’y voir clair. On trouve sur les tablettes une grande variété de produits emballés d’un million de façons.

Du pire au meilleur
Vaut-il mieux un pot en verre ou en plastique ? Quel emballage est le plus écologique ? La vie en vert a fait appel à un expert en la matière, Bertrand Derome, conseiller en développement durable et développement de produit à l’Institut de développement de produits.

FRUITS ET LÉGUMES

PIRE EMBALLAGE : Les fruits emballés sous pellicule de plastique, dans des barquettes de polystyrène ou des contenants en plastique.« Souvent, indique M. Derome, on emballe les fruits et légumes pour éviter les pertes de produits durant le transport. Si on est vraiment en mesure de sauver certains fruits en les emballant un peu, ça passe encore, mais ce n’est pas toujours le cas. »

MEILLEUR EMBALLAGE : Les fruits en vrac
Bien sûr, le meilleur emballage est celui qui n’existe pas. Pour plusieurs catégories de produits, il est possible de les transporter sans emballages. « L’orange, par exemple, possède son propre emballage... totalement biodégradable ! », souligne M. Derome. Par ailleurs, on devrait éviter d’utiliser de petits sacs de plastique pour transporter les fruits. Pour deux pommes, ils sont superflus !

LES JUS

PIRE EMBALLAGE : La bouteille en verre

« Le problème avec le verre, dit Bertrand Derome, c’est son poids. En étant plus lourd, il génère plus de gaz à effet de serre lors du transport. Par ailleurs, le verre est cassable, les pertes de produit dans le réseau de transport et de distribution sont donc plus nombreuses et on doit souligner que même s’il est recyclable, le verre est une industrie très énergivore.

MEILLEUR EMBALLAGE : La bouteille en plastique
Certaines technologies, comme celle utilisée par la compagnie Lassonde permettent d’avoir des bouteilles de plastique qui sont soufflées à même l’usine d’embouteillage. Ainsi, lors du transport des bouteilles vers l’usine, il n’y a pas de pertes d’espace dans le camion. On ne transporte pas des bouteilles vides, mais seulement de la matière plastique. De plus, le plastique est facilement recyclable.

LA VIANDE

PIRE EMBALLAGE: La barquette de polystyrène
Selon Bertrand Derome : « Le polystyrène expansé (numéro 6) n’est pas recyclable au Québec. Il est utilisé pour les barquettes de viande en raison de son poids très léger. Il est composé à 98% d’air et à 2% de matière plastique. » Une des raisons pour lesquelles l’industrie alimentaire se tourne vers les plastiques, c’est que depuis le 1er mars 2005, les entreprises qui mettent en marché des contenants et des emballages sont responsables de 50% des coûts nets des programmes municipaux de collecte sélective. Et leur participation se mesure au poids d’emballages qu’ils mettent en marché. Dans cette optique, plus ils sont légers, mieux c’est... avec les conséquences que l’on connaît.

MEILLEUR EMBALLAGE: Les viandes emballées sous vide
Pour la viande, on voit de plus en plus de produits emballés sous vide dans une pellicule de plastique plus rigide. « C’est préférable au polystyrène expansé, indique M. Derome. L’inconvénient de cet emballage concerne toutefois l’apparence de la viande. Elle n’a pas la teinte rouge que l’on s’attende d’elle, elle est plus brunâtre. » Enfin, une bonne façon de réduire les emballages de viandes est de demander une coupe fraîche au boucher. Demandez qu’on vous l’emballe dans un simple sac de plastique ou de papier.

LE LAIT

PIRE EMBALLAGE : Le litre en carton avec bouchon de plastique
Parmi les principes de base pour lutter contre le suremballage, on préférera les emballages composés d’un seul matériau
(100% carton ou 100% plastique, mais pas un mélange des deux). « Le carton de lait est recyclable, mais il contient souvent du plastique à cause du bouchon (et de l’embout) et sa valeur est moindre qu’un contenant tout plastique monomatériau », dit Bertrand Derome.

MEILLEUR EMBALLAGE : Les sacs de lait
« D’abord, souligne M. Derome, la quantité de matière est réduite. Ensuite le sac de plastique est facilement recyclable. » On peut aussi privilégier le carton de lait sans bec verseur en plastique.

LES CÉRÉALES

MAUVAIS EMBALLAGE : La boîte de céréales ordinaire
La fameuse boîte de céréales composée d’un emballage de carton et d’un sac de plastique a un problème : c’est trop de matières pour rien.

MEILLEUR EMBALLAGE : Le sac de céréales
« Maintenant, certaines marques de céréales (biologiques) éliminent la boîte de carton et se vendent directement dans un sac de plastique, dit Bertrand Derome. Le matériau est plus simple et recyclable. »

LE VIN

MAUVAIS EMBALLAGE : Les bouteilles de vin surdimensionnées
« Plusieurs vins de luxe sont vendus dans des bouteilles surdimensionnées, avec une épaisseur de verre de trois à quatre fois l’épaisseur nécessaire. Ici, on fait des emballages surdimensionnés pour leur donner de la prestance. »

MEILLEUR EMBALLAGE : Le vin dans un carton Tetra Pak
« On utilise moins de matières, et dans la majorité des municipalités le Tetra Pak est recyclable. »Mais il y a encore un problème de perception, souligne Bertrand Derome : « On croit à tort que les bons vins doivent nécessairement être dans des bouteilles de verre, car c’est un produit de luxe. On n’imagine pas un produit de luxe dans du carton ! »

En conclusion, dans le domaine de l’emballage les solutions parfaites n’existent pas. « Il faudra penser recycler les emballages que l’on a, et avoir des emballages beaucoup plus durables pour utiliser moins de ressources », souligne Bertrand Derome. La Belgique, par exemple, a réintroduit les bouteilles de lait consignées, ce qui fait qu’on utilise les mêmes bouteilles plusieurs fois.

Pour réduire le suremballage, toutes les idées sont les bienvenues... car on part de loin!

Intervenants

Bertrand Derome, conseiller en développement durable et développement de produit à l’Institut de développement de produits

Sujet : Consommer mieux   Polluer moins   Réduire / Recycler / Réutiliser   Tendances et enjeux  

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