Le sentier urbain

Par Ariane Paré-Le Gal

Émission du 4 novembre 2009

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Dans les villes et en particulier dans les quartiers défavorisés, l’environnement a été fragilisé par l’étalement urbain. Utilisant des espaces abandonnés où la criminalité et la prostitution s’étaient implantés, l’organisme Le sentier Urbain recrée la campagne en ville et sensibilise une foule de petits et grands à l’importance du contact avec la nature. Des oasis en plein centre-ville ? C’est possible !

Du trottoir, on entend des piaillements, mais rien n’indique précisément ce qui se cache derrière la clôture. Quand Pierre Dénommé, le directeur de l’organisme Le Sentier Urbain, ouvre les portes du jardin Panet, nous sommes accueillis par un immense érable dont les branches se courbent jusqu’au sol créant un écran verdoyant. Entre les arbres, on devine plusieurs volières, des étangs, des plantes tropicales.

Le jardin Panet, un des quatre espaces aménagés par Le Sentier Urbain, contraste avec l’extérieur. Le quartier Centre-Sud, parmi les plus défavorisés à Montréal, n’offre que très peu d’espaces verts à ses résidents. « Il fallait voir cet endroit il y a 12 ans, lance Pierre, il n’y avait que de la gravelle, des détritus, des seringues et des branches mortes. Il y avait ici un va-et-vient incessant de gens qui s’adonnaient à la prostitution et à la consommation de drogues, et maintenant c’est un jardin paradisiaque. »

Jardinage urbain et social
Le Sentier Urbain s’est donné pour mission de faire du verdissement social, c’est-à-dire de redonner une place à la nature, entre autre par l’aménagement d’espaces verts sur des terrains abandonnés, mais aussi de faire de l’éducation à l’environnement auprès des populations vulnérables. « Chaque année nous recevons 12 jeunes qui ont des problèmes de consommation ou d’itinérance. Nous leur apprenons à prendre soin des animaux et des plantes, à développer les jardins et à monter des ateliers éducatifs. », raconte le fondateur, pour qui le travail social et l’horticulture sont devenus une deuxième carrière.

Le Sentier Urbain rejoint aussi le grand public. Ouvert tous les jours, le jardin Panet accueille des travailleurs du coin sur l’heure du dîner, des personnes âgées en quête d’un espace paisible, et des parents heureux d’avoir accès à un peu de nature autre que les parcs municipaux, plus aseptisés. « Nous travaillons aussi beaucoup avec les jeunes, que ce soit dans les écoles, avec des ateliers et des projets horticoles, ou avec les enfants en garderie qui viennent assister à des pièces de théâtre ou se faire raconter des légendes dans le Wigwam du Jardin de la culture amérindienne. »

Pour des petits qui passent peu de temps à la campagne et les grands en manque de verdure, les pigeons, la canne et ses poussins, les pinsons et les poissons sont autant de découvertes qui permettent de créer un nouveau contact avec la nature, en plein centre-ville !

Invité

Pierre Dénommé, directeur, Le Sentier Urbain

Informations complémentaires
Le Sentier Urbain a aménagé 4 jardins dans le quartier Centre-Sud de Montréal. Le Jardin Panet est ouvert tous les jours d’été au public, et le jardin de la culture amérindienne est ouvert aux groupes sur réservation seulement. Les deux autres jardins sont en aménagement.

Sujet : Jardiner   Préserver la nature   Tendances et enjeux  

Liens utiles

Le Sentier Urbain

http://www.sentierurbain.org/index.htm

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