La campagne : du rêve à la réalité

Par Pascale Tremblay

Émission du 24 février 2010

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Selon un sondage effectué par l’organisme Solidarité rurale, 700 000 Québécois urbains songent à quitter la ville pour s’installer en milieu rural. Même si seulement une fraction de ce nombre passe réellement à l’action, il s’agit tout de même d’une tendance significative. D’ailleurs, la démographie de la plupart des MRC du Centre du Québec est en hausse. Comme on s’en doute, passer d’un environnement urbain à un environnement rural, passer du rêve à la réalité, ne se fait pas toujours sans quelques anicroches, sans quelques surprises, même si la plupart du temps ces néo-ruraux y trouvent leur compte et d’adaptent à leur nouveau milieu de vie.

Le rêve
Emanuella Germanini et Jacques Laval ont toujours rêvé de vivre à la campagne. Il y a 13 ans, ils troquent leur mode de vie urbain du quartier Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, pour la ruralité en se portant acquéreur d’une terre dans les Cantons de l’Est. « À l’époque, j’avais une petite entreprise de domotique, je croyais que je deviendrais millionnaire et que je pourrais ensuite me retirer à la campagne avec une ferme et des chevaux. Je ne suis pas devenu millionnaire, mais j’ai réalisé mon rêve d’avoir des
chevaux », résume Jacques Laval.

D’où vient cet appel de la campagne ? « Les gens veulent fuir la ville parce qu’ils trouvent ça trop stressant, trop pollué, parce qu’ils trouvent qu’ils n’ont pas assez d’espace. On voit beaucoup de jeunes familles qui souhaitent élever leurs enfants à la campagne », précise Jacques Proulx, ex-président de l’UPA (Union des producteurs agricoles) et de Solidarité rurale. « On a toujours rêvé de vivre à la campagne, d’avoir beaucoup d’espace à nous. Nous sommes venus en visite ici et on a eu le coup de foudre. Les enfants hésitaient, mais se sont montrés plus intéressés quand on leur a promis qu’on aurait un cheval », complète Emanuella Germanini. D’ailleurs, le vif intérêt que porte le couple aux chevaux les a amenés à créer une petite entreprise d’élevage de chevaux Haflinger, race originaire d’Autriche qui peut servir pour la promenade ou pour les travaux.

La réalité
Mais l’apprentissage de la vie rurale et la mise sur pied d’une petite entreprise ne se sont pas fait sans peine. Travaux d’isolation à faire d’urgence, pannes d’électricité anormalement fréquentes, bris de tuyaux au gel, bruit des motoneiges, autant de contrariétés auxquelles il faut faire face. « À la campagne, il faut être débrouillard. En ville, quand un tuyau d’eau brise, le premier réflexe c’est d’appeler le plombier. Ici, il faut trouver des solutions pour le réparer nous-mêmes », explique Emanuella. Certains désavantages font sourire, comme ce voisin insomniaque qui sortait son tracteur en pleine nuit ! « On a beaucoup médiatisé les conflits entre les nouveaux arrivants et les «autochtones». Mais la plupart du temps ça se passe bien. C’est surtout avec les villégiateurs que c’est difficile, ceux qui arrivent avec leur épicerie et qui laissent juste leurs poubelles. Mais quand les gens participent à la vie de la communauté, l’intégration est plus facile », explique Jacques Proulx.

Emanuella s’est notamment engagée en faveur de sa communauté d’adoption en devenant conseillère municipale et en participant activement à la création d’un marché public (Marché du Canton de Melbourne) tout en gagnant sa vie sur la terre. Présentement, la ferme équestre est bien développée avec des revenus stables et un employé à mi-temps. La fille du couple s’est spécialisée en reproduction équine et habite la ferme avec son conjoint. Le fils étudie à Montréal. Pour mieux faire vivre la famille, Jacques travaille encore en ville quelques jours par semaine comme professeur de design. « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, seulement 25% des fermes rapportent suffisamment pour devenir la seule source de revenu. Dans les autres cas, les gens travaillent à l’extérieur. Finalement, il y a plusieurs façons de développer l’agriculture. Ce qui est important, c’est d’occuper le territoire de façon dynamique », résume Jacques Proulx.

Après 13 ans, Jacques Laval ne redeviendrais pas un urbain même si sa situation le désavantage un peu sur le plan environnemental. « C’est sûr qu’à la campagne on utilise beaucoup la voiture. D’autant plus que je dois me rendre en ville pour mon travail régulièrement. À 35 minutes d’ici, il y a la gare de Drummondville et le train qui m’amène en ville. Mais comme il n’arrive jamais à l’heure, je me rends jusqu’à la gare de Mont-Saint-Hilaire. C’est un peu plus loin, mais ça vaut le coup, j’évite le trafic des ponts et la congestion de Montréal ».

Le constat est semblable pour sa conjointe. « Au printemps, quand l’herbe commence à pousser, en ville on pense à sortir la tondeuse, ici, on se dit tiens voilà de la nourriture pour les animaux. Parfois, je vais à Montréal, je trouve ça tellement grouillant, trop fébrile, je ne reviendrais pas en ville ».

Invités

Emmanuella Germanini, éleveuse de chevaux
Jacques Laval, professeur
Leur fille Émilie, theriogénologiste et entraîneuse de cheveaux
Jacques Proulx, ex-président de l’UPA (Union des producteurs agricoles) et de Solidarité rurale.

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Liens utiles

Solidarité rurale

http://www.solidarite-rurale.qc.ca/

Description d’un projet qui favorise l’implantation en milieu rural dans le village de Saint-Camille

http://www.saint-camille.ca/fichiers/stcamille/fichiers/R13-communique-inaugurationchemins.pdf

Description d’un projet qui favorise l’implantation en milieu rural dans le village de Saint-Camille

http://solidarite-rurale.qc.ca/migration/pdf/MIG_projet_st_camille.pdf

Étude de l’INRS sur l’implantation de néoruraux dans la MRC de Brome-Mississquoi

http://www.ucs.inrs.ca/pdf/BromeMissisquoi.pdf

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Nous tenons à remercier le peintre Michel Martineau. http://www.michelmartineau.ca