Acheter des crédits de carbone

Par Ariane Paré-Le Gal

Émission du 28 septembre 2010

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Les Québécois génèrent en moyenne 11,5 tonnes de gaz à effet de serre chaque année à travers diverses occupations, qu’il s’agisse du chauffage, de l’utilisation de différents appareils électriques, du transport automobile, ou des déplacements en avion. Pour réduire notre empreinte écologique globale, il faut d’abord réduire la quantité de gaz à effet de serre que nous générons. Mais comme il est pratiquement impossible d’avoir naturellement une empreinte nulle, les GES restants peuvent être compensés par l’achat de crédits de carbone.

Il existe environ 140 vendeurs de crédits compensatoires de carbone dans le monde et au moins 14 au Canada. Ces entreprises ou organismes réduisent en notre nom les émissions de gaz à effet de serre que nous avons générées, ce qui a pour effet d’annuler notre empreinte environnementale. Cependant, tous les projets ne sont pas équivalents et tous les vendeurs n’offrent pas des crédits de même qualité, mieux vaut donc bien s’informer quand vient le temps d’acheter des crédits de carbone.

Les principaux types de projets dans lesquels on peut investir
Il existe deux grandes catégories de crédits de carbone, ceux qui retirent des gaz à effet de serre soit les projets de séquestration de carbone (plantation d’arbres, protection des forêts, bonne gestion des sols), ou ceux qui permettent de limiter les émissions de gaz à effet de serre (énergie renouvelable, efficacité énergétique, conversion de carburant, récupération du méthane).

Les projets de séquestration de carbone par la plantation d’arbres sont très populaires auprès du public, car il s’agit d’une façon concrète de compenser ses émissions. En effet, ces derniers permettent de capter ou de séquestrer du CO2 tout au long de leur croissance et agissent ainsi comme puits de carbone en plus de permettre la régénération des sols, de favoriser la biodiversité et de contribuer au reboisement. Par ailleurs, la plantation d’arbres comme moyen de compenser ses émissions est parfois contestée, car les arbres peuvent mourir, brûler ou être coupés. Ainsi, les projets de séquestration de carbone par la plantation d’arbres qui ne tiennent pas compte entre autres de ce risque peuvent manquer de permanence. Cela dit, bien que ces crédits compensatoires soient parfois de moindre qualité, il ne faut en aucun cas les exclure, car il existe sur le marché des projets rigoureux qui permettent la production de crédits de haute qualité.

Les projets de diminution des émissions de GES par l’investissement dans les énergies renouvelables de leur côté, permettent d’éviter l’utilisation de carburants fossiles dont la combustion est la principale cause de réchauffement climatique, en plus d’encourager une transition vers des énergies alternatives. Il peut s’agir de projets de création de parc éolien, d’utilisation de la biomasse, ou de l’énergie solaire par exemple.

Les meilleurs crédits de carbone
Alors que certains experts affirment qu’il faut investir dans des projets qui limitent les émanations de GES comme les énergies renouvelables pour réduire notre dépendance au pétrole et cesser d’augmenter constamment nos émissions, d’autres affirment qu’on doit aussi absolument en retirer de l’atmosphère en favorisant des projets de séquestration comme la plantation d’arbres. Bref, il faut non seulement réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mais il faut aussi retirer de l’atmosphère ce qui est inévitablement émis par nos activités mêmes les plus essentielles. Pourquoi alors ne pas opter pour un porte-feuille hybride qui comprend des crédits de carbone issus des deux types de projets?

Les certifications de crédits de carbone
Les certifications les plus reconnues sont le Gold Standard, élaboré par le World Wildlife Fund et le Clean Development Machanism, developpé par les Nations-Unies. Ces deux certifications ne portent que sur des projets d’énergie renouvelable, et n’incluent pas de projets de plantation d’arbres, en plus d’avoir lieu dans des pays en développement. Gold Standard et CDM sont des certifications très rigoureuses, mais elles sont un peu limitatives. Le Voluntary Carbon Standard pour sa part, est une certification un peu moins stricte, mais elle englobe tous les types de projets qui peuvent être implantés partout dans le monde, tout en demeurant un gage de crédits de qualité.
La Fondation David Suzuki, a ciblé les meilleurs vendeurs de crédits de carbone dans une guide en fonction de divers critères. Less, ClimateCare, Climate Friendly, Atmosfair , Planetair, et Livclean ont obtenu le meilleur classement. La majorité des vendeurs s’approvisionnent en crédits de carbone issus de projets à l’étranger et acheter des crédits de carbone locaux est assez difficile, mais le projet Carbone Boréal de l’université de Chicoutimi constitue une excellente façon de compenser ses émissions localement.

Passez à la caisse!
La majorité des fournisseurs vendent les crédits directement sur leur site internet. À l’aide des outils de calcul, on obtient une évaluation de notre empreinte écologique en tonnes de Co2, et du coût. On y entre notre numéro de carte de crédit, et le tour est joué. Le processus le plus long est le choix du fournisseur, l’achat lui-même se fait en quelques clics. Un crédit de carbone coûte entre 15 et 40 $ la tonne en fonction de sa qualité. Sachant qu’on génère 11,5 tonnes de gaz à effet de serre par personne par année, on peut s’attendre à payer quelques centaines de dollars pour compenser nos émissions annuelles, mais on peut aussi choisir de ne compenser qu’un secteur d’activité, soit le transport en voiture ou le chauffage par exemple.

Invités

Karel Mayrand, directeur général , Fondation David Suzuki

Frédéric Gagnon- Lebrun, directeur changements climatiques et cofondateurs ÉcoRessources

Sujet : Investir   Préserver la nature  

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