Mission Robe Noire

Par Ève Beaudin

Émission du 5 octobre 2010

Réagissez sur notre page facebook

Été 2010, je me donne une mission : porter une robe noire tous les jours pendant un mois. Pourquoi ? Parce que même si je suis consciente des impacts environnementaux de ma consommation de vêtements, je dois reconnaître que j’ai échoué à acheter moins. Et aussi, parce que j’ai l’impression que plus ma garde-robe grossit, plus il devient difficile de répondre à la question
« Qu’est-ce que je porte ? ».

Inspirée par l’expérience The Uniform Project de Sheena Matheiken, cette Américaine qui a porté la même robe pendant un an, j’ai envie de pousser plus loin ma réflexion sur la mode, la consommation de vêtements et ses répercussions environnementales.

Malgré l’angoisse et les hésitations que suscite un tel projet (qu’aillaient penser les gens en me voyant porter la même chose pendant un mois ? Combien de jours passeraient avant que je sois tannée ?), je me lance !

Une petite robe noire peut-elle contrer notre surconsommation de vêtements ? Pour le savoir, regardez le récit de mon expérience écolo vestimentaire et rejoignez-moi sur la page Facebook : Mission Robe Noire.

Invités

Hélène Barbeau, Designer de vêtements
Denyse Roy, Designer industrielle et spécialiste en textiles, Université de Montréal
Émilie Villeneuve, rédactrice en chef, culture et beauté, magazine Clin d’œil

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

Une robe transformable
C’est la designer québécoise Hélène Barbeau qui a conçu une robe transformable pour cette expérience. En nouant les manches et des bretelles ingénieusement cachées, la robe chandail à manches chauve-souris se transforme, en quelques secondes, en deux modèles de robe soleil à taille empire et en une version bohémienne-chic avec des poches.

Les contraintes de ma mission
Porter la robe du matin au soir, 7 jours par semaine, pour toutes mes activités, sauf pour faire du sport et dormir. Pour ne pas avoir froid en ce début d’été, j’ai le droit à quelques accessoires pris dans ma garde-robe : un boléro, une chemise, une petite camisole et un skinny jeans que je porte sous la robe. Accès illimité à tous mes foulards, bijoux et chaussures ! Et bien sûr, interdiction formelle de magasiner…

Une consommation de vêtements élevée
La consommation de textiles des Québécois est l’une des plus élevées au monde, soit 27 kilos annuellement. Nous renouvelons plus souvent notre garde-robe et achetons plus de morceaux qu’avant, car les stocks en magasin sont maintenant renouvelés aux six semaines, plutôt qu’aux changements de saisons. Malheureusement, la surabondance de vêtements bon marché que l’on retrouve aujourd’hui dans les commerces repose sur l’exploitation des travailleurs dans les pays en développement et le rythme de production effrénée est insoutenable d’un point de vue environnemental.

Des répercussions environnementales cachées
On a beau savoir que la mode repose sur la surexploitation de ressources, il est bien difficile de se le rappeler quand on magasine. En effet, bien peu d’informations sont disponibles pour aider les consommateurs à faire de meilleurs choix vestimentaires. La présence d’écolabels indiquant le bilan environnemental du vêtement nous aiderait à remettre en question certains achats. Si on indiquait sur chaque jeans qu’il a fallu entre 5 000 et 25 000 litres d’eau pour le produire et qu’il a parcouru jusqu’à 65 000 km pour se rendre à nous, on hésiterait peut-être à en ajouter un à notre collection !

Tissus naturels ou synthétiques ?
Selon la spécialiste en textiles Denyse Roy, il faut éviter de penser que les tissus naturels sont la meilleure option quand vient le temps de choisir un tissu. En effet, les analyses de cycle de vie démontrent que les matériaux synthétiques peuvent avoir des avantages d’un point de vue environnemental. En effet, même s’ils sont dérivés de pétrole, la quantité nécessaire pour les produire est négligeable. De plus, comme ils sont plus légers que le coton, ils coûtent moins cher en transport. Ils demandent aussi moins d’eau lors du lavage, une étape qui compte pour au moins 70 % des impacts environnementaux d’un vêtement. En comparaison, le coton est plus gourmand en eau tout au long de son cycle de vie, demandent beaucoup de pesticides et sa transformation nécessite plusieurs produits chimiques. Bien entendu, les fibres naturelles ont leur place dans notre garde-robe, mais il faut reconnaître que d’autres matériaux ont des propriétés intéressantes pour limiter les impacts environnementaux reliés à notre consommation de vêtements.

Consommer moins : c’est in
En plus de nous protéger des éléments, les vêtements nous permettent d’exprimer ce que nous sommes. Avec la montée des valeurs écologiques, de plus en plus de personnes font des choix vestimentaires qui traduisent l’importance de ces valeurs dans leur vie. Une tendance que confirme Émilie Villeneuve, rédactrice en chef, culture et beauté au magazine Clin d’œil. L’intérêt de ses lectrices pour la mode québécoise, écolo et de seconde main, n’a pas cessé de croître au cours des dernières années. Consommer « autrement » est aussi une bonne façon de se distinguer, à l’heure où les magasins offrent partout la même chose.

POUR EN SAVOIR PLUS

Clin d’œil
Un article sur cette expérience sera publié dans le magazine Clin d’œil du mois de novembre, disponible en kiosque dès le
7 octobre 2010. Pour plus d’informations, consultez le site Internet du magazine au www.clindoeil.ca ou leur page Facebook.

BONNES ADRESSES

Boutique Barbeau
La robe « Mission Robe Noire » est maintenant disponible dans la boutique d’Hélène Barbeau en quatre coloris différents : noir, marine, gris et prune, au prix de 225 $.
Barbeau, 4401 Boulevard Saint Laurent, Montréal, QC, H2W 1Z8 – Tél. (514) 849-4010

LIEN HYPERTEXTE

UNIFORM PROJECT.
http://www.theuniformproject.com
Une action à la fois caritative, créative et durable. En portant la même robe pendant un an grâce à des accessoires vintage, Sheena Matheiken a conscientisé des milliers de personnes à une mode plus personnelle et écologique. Depuis le 1er août 2010, le projet s’est transformé en « Une robe, un mois, une cause ».

Sujet : Consommer mieux   Polluer moins   Se vêtir   Tendances et enjeux  

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