Partir sans laisser de trace

Par Ève Beaudin

Émission du 19 octobre 2010

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De plus en plus de personnes s’interrogent sur les impacts environnementaux des méthodes traditionnelles d’enterrement. C’est ainsi qu’est née la tendance pour les « green burials » que l’on observe en Europe, aux États-Unis et dans certaines provinces canadiennes. Les principes de l’enterrement vert sont simples : les liquides d’embaumement non naturels sont interdits, les cercueils sont obligatoirement biodégradables, les pierres tombales sont intégrées à même le sol et les cimetières sont transformés en réserves naturelles, forêts ou parcs urbains. Au Québec, ce mouvement pour verdir l’enterrement en est encore à ses premiers balbutiements, mais on peut tout de même s’en inspirer pour diminuer les impacts environnementaux reliés à la fin de vie.

Éviter l’embaumement
Lors de l’embaumement, les fluides organiques du corps sont remplacés par des produits chimiques, dont le formaldéhyde, un produit toxique reconnu cancérigène par Santé Canada. Si le corps est inhumé, le formaldéhyde entre en contact avec le sol, lors du processus de dégradation. Dans les grands cimetières urbains, la concentration d’un nombre important de dépouilles sur le même site augmente, par le fait même, la concentration de produits chimiques en contact avec les éléments naturels. « Cette concentration de produits chimiques pourrait représenter un problème, surtout si le cimetière est près d’un cours d’eau ou d’une nappe phréatique », estime Roger Laroche, conseiller en environnement. « Le problème, c’est qu’il n’y a pas vraiment d’études pour déterminer le degré de contamination dans les cimetières », ajoute-t-il. Dans la mesure du possible, il est donc préférable d’éviter l’embaumement.

Inhumation ou incinération ?
L’inhumation sans embaumement, dans un cercueil biodégradable, au pied d’un arbre planté dans un cimetière naturel est la meilleure option d’un point de vue environnemental, estime Monsieur Laroche. Malheureusement, il n’existe pas encore de cimetières verts offrant de telles pratiques, au Québec. De son côté, la crémation des corps entraîne la consommation de gaz naturel. Même si l’industrie a instauré de nouvelles technologiques qui réduisent les émissions de polluants dans l’atmosphère, il est difficile d’en mesurer les impacts. «Il serait souhaitable que des études soient faites à ce sujet parce que les impacts environnementaux de l’incinération ne sont pas très bien documentés », estime Roger Laroche. En ce qui a trait à la disposition des corps, il n’y a donc pas de solution parfaitement verte.

Cercueils et urnes écolos
Quand vient le temps de choisir un cercueil, il vaut mieux éviter les cercueils en bois rares, teints à l’époxy et les cercueils en métal. On recommande un cercueil en bois, sans ornements, provenant d’une forêt certifiée, idéalement fabriqué au Québec, teint avec des teintures naturelles. Les cercueils en bambou et en jonc de mer sont aussi de bonnes options, car ils sont facilement biodégradables. Pour ce qui est des urnes, il est préférable d’éviter les modèles en métaux précieux, comme le bronze. Il vaut mieux prioriser les matériaux biodégradables ou inertes, comme le papier mâché, le sable, le bambou, le bois naturel, le marbre, la porcelaine ou le verre.

Cimetière et commémoration
Au fil du temps, plusieurs cimetières urbains sont devenus des lieux où la végétation fait place à des rangées de pierres tombales collées les unes aux autres. En plus de détruire des espaces verts, la minéralisation importante de ces lieux provoque la dégradation des sols et crée des îlots de chaleur. Il est donc recommandé d’éviter les mausolées et les cryptes et de choisir une pierre tombale discrète, en bois ou en pierre naturelle.

Un cimetière à faible impact écologique
Les cimetières transformés en réserves naturelles, en forêts et en parcs urbains que l’on retrouve maintenant aux États-Unis et en Europe n’ont pas encore vu le jour, au Québec. Mais il existe maintenant un cimetière à faible impact écologique dans les Laurentides : Les Sentiers Commémoratifs de la Rivière. L’espace y est emménagé de façon durable, tous les arbres et les graminées plantés sont indigènes, les sentiers respectent la topographie du terrain et les berges de la rivière sont préservées. De plus, les pierres tombales sont discrètement placées au sol pour indiquer l’emplacement des urnes, obligatoirement en matériaux biodégradables ou inertes. Le cimetière Les Sentiers Commémoratifs de la Rivière accepte seulement les urnes cinéraires et non les cercueils.


LISTE DES INVITÉS

Roger Laroche
Conseiller au développement durable

Guy d'Anjou
Président, Les Sentiers Commémoratifs de la Rivière

Remerciements

Salon Funéraire JJ Cardinal
2125 Rue Notre-Dame
Lachine, Québec

Sujet : Polluer moins   Préserver la nature   Tendances et enjeux  

Liens utiles

Les Sentiers Commémoratifs de la Rivière

http://www.lessentiers.ca/fr/index.html

Green Burials

http://www.greenburials.org/

Green Burial Council

http://www.greenburialcouncil.org/

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