Électrosmog

Par Ariane Paré-Le Gal

Émission du 16 novembre 2010

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Nous ne pouvons ni les voir, ni les entendre, ni les sentir, mais les champs électromagnétiques (CEM) sont omniprésents. Avec la généralisation de la communication sans fil et l’augmentation des divers gadgets électriques et informatiques, notre exposition aux ondes électromagnétiques soulève bien des questions.

Qu’est-ce que l’électrosmog?
L’électrosmog est la pollution causée par les champs électromagnétiques. Il y a 3 types de champs : les champs électriques et les champs magnétiques de très basse fréquence qui sont causés par le courant électrique, et les radiofréquences (moyenne à haute fréquence) qui sont causées par les cellulaires, les micro-ondes et les routeurs sans fil par exemple.

Des études contradictoires
Depuis les années 1970, un grand nombre d’études ont démontré que le risque de leucémie doublait chez les enfants exposés aux CEM, et depuis 2001, le Centre international de recherche sur le cancer les classe comme étant « peut-être cancérigènes ». Plus récemment, le rapport BioInitiative, qui ne fait pas l’unanimité, a passé en revue 1 500 travaux à travers le monde. Ses conclusions sont préoccupantes : les expositions prolongées aux radiofréquences sont responsables de maux de tête, de fatigue, d’insomnie, de vertiges, et de modifications de l’activité cérébrale.

Au niveau environnemental on sait peu de choses. Des etudes, citées notamment par le Dr. Andrew Michrowski de la Société planétaire pour l’assainissement de l’énergie, avancent que les CEM ralentissent la croissance des plantes, affectent les insectes et causent une corrosion accélérée du mobilier urbain.

De l’autre côté du spectre, nombre de chercheurs d’Hydro-Québec, de Santé Canada et de l’Institut national de santé publique du Québec pour ne nommer qu’eux, estiment que les risques liés aux CEM sont nuls ou très faibles et que, parce qu’on ne peut prouver hors de tout doute que les CEM sont nocifs, il n’est pas nécessaire d’agir pour prévenir l’exposition de la population aux CEM. Nous faisons donc face à une question complexe, controversée et qui ne fait aucunement consensus actuellement.

Des mesures de précaution
Protégez-vous a réalisé une étude sur les champs électromagnétiques et s’est appuyé sur les valeurs recommandées dans le rapport BioInitiative pour déterminer une limite de précaution sous laquelle aucun de risque lié à l’exposition aux CEM n’a été décelé.

Selon Protégez-vous, la majorité des petits appareils électroniques et électriques les champs électromagnétiques diminuent sous la limite de précautions à une distance de 30 cm. Quant à eux, les micro-ondes, les gros électroménagers, les plinthes électriques, les téléphones sans fil et les cellulaires doivent être à plus d’un mètre pour que les champs électromagnétiques se situent sous la limite de précaution.

Chez soi
Les endroits où l’on passe le plus de temps devraient faire l’objet de plus d’attention.

Chambre à coucher

• Éloigner les appareils électriques comme les réveille-matin et les lampes de votre lit ou au moins les débrancher quand on dort pour que le champ diminue. C’est la même chose pour les lampes au-dessus de la table de la salle à manger ou au-dessus de l’évier qu’on devrait essayer d’éloigner un peu de notre tête.

• Les moniteurs pour bébé non plus ne devraient pas être placés juste à côté de votre lit, ni du lit de bébé, car les enfants sont plus sensibles aux champs électromagnétiques que les adultes.

• Inspecter les pièces adjacentes vis-à-vis du lit. Par exemple, les gros appareils électroménagers comme les réfrigérateurs génèrent de forts champs. Ils nous affectent généralement peu, car nous passons rapidement devant ces appareils, mais ils peuvent être nocifs s’ils sont à moins d’1 m de l’endroit où on dort, même de l’autre côté du mur.

Informatique et électronique

• Les cellulaires mesurés dans le cadre du reportage de Protégez-vous étaient tous au-dessus de la limite de précaution : mieux vaut donc avoir des conversations les plus brèves possible. Hors d’utilisation, certains appareils dépassent aussi la limite de précaution. On ne devrait donc pas garder notre cellulaire dans nos poches ou sur notre table de chevet.

• Dans le cas des ordinateurs portables, on ne devrait jamais les placer sur nos genoux, mais plutôt sur une table, et utiliser un clavier externe pour pouvoir éloigner l’appareil.

• Le routeur sans fil, l’ordinateur et la barre de tension sont tous des appareils qu’on devrait tenir à plus de 30 cm de nous, la distance au-delà de laquelle les champs électromagnétiques tombent rapidement. Dans le cas de la base de téléphone sans fil, la distance à respecter est d’un mètre.

La mise à la terre

• Toutes ces précautions peuvent aider, mais il faut aussi vérifier la mise à la terre qu’on appelle « ground » car si elle n’est pas bien faite, le champ électromagnétique dans votre maison sera constant et potentiellement très élevé. Un électricien peut faire cette vérification facilement.

Des mesures alarmistes ou nécessaires?

Selon Jack Siemiatycki, titulaire de la Chaire de recherhce du Canada en épidémiologie environnementale et santé des populations, si la société appliquait des mesures de précaution pour tous les éléments pour lesquels on a des doutes sans qu’il y ait de vérification scientifique, on ne ferait que freiner le développement. Bien qu’il ne puisse se prononcer sur l’efficacité des mesures de précaution proposées par Protégez-vous, il affirme que les consommateurs n’ont rien à perdre, à le faire, dans la mesure où ça n’entraîne pas de coûts et ça ne rend pas les gens complètement complètement angoissés.

De son côté, Marie-Josée Boudreau, ingénieure aux tests chez Protégez-vous, affirme que bien que rien ne prouve que les champs électromagnétiques sont vraiment dangereux, de plus en plus de gens développent une intolérance à l’électrosmog. « Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable et se dire que les champs électromagnétiques ne nous affectent pas, et il ne faut pas non plus devenir fou et croire qu’on va tous mourir à cause des CEM. Mais entre les deux il y a une attitude de précaution que nous pouvons appliquer. C’est aux consommateurs de prendre leur décision sachant que le consensus n’existe pas », conclut-elle.

Invités
Marie-Josée Boudreau, ingénieure Services Polytests, et ancienne chargée de projet aux tests pour le magazine Protégez-vous.

Séverine Galus, journaliste, service de presse d’Option consommateurs

Jack Siemiatycki, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en épidémiologie environnementale et santé des populations.

Liens utiles
Protégez-vous, test sur l’électromagnétisme dans les maisons.
http://www.protegez-vous.ca/sante-et-alimentation/champs-electromagnetiques.html

Pour les services d'un expert en analyse des champs électromagnétiques:

Services Polytests, séminaires et diagnostique
www.polytests.com/ondes.html

Société planétaire pour l’assainissement de l’énergie :
(613) 236-6265
pacenet@canada.com

Sujet : Tendances et enjeux  

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