Écoblanchiment : La mascarade verte

Par Ariane Paré-Le Gal

Émission du 7 décembre 2010

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Le greenwashing, la mascarade verte ou l’écoblanchiment désigne l’utilisation abusive ou mensongère de l’argument écologique dans la publicité ou l’étiquetage, et se présente sous plusieurs formes qui sont en constante évolution depuis la dernière décennie. Question de s’y retrouver parmi les centaines d’allégations vertes des produits que nous consommons au quotidien, l’entreprise de marketing environnemental Terra Choice à qui l’on doit la gestion du programme ÉcoLogo a déterminé 7 péchés de mascarade verte.

Dans son étude sur l’écoblanchiment, Terra Choice a déterminé que 96% des produits analysés commettaient au moins un des 7 péchés de la mascarade verte.

1-Péché du compromis caché: 27% des produits
Le péché du compromis caché est commis lorsqu’un produit se dit vert sans tenir compte de toutes les préoccupations écologiques.

Exemple : Des lingettes à épousseter jetables faites de maïs. La matière à partir de laquelle sont fabriquées les lingettes est renouvelable, mais le fait qu’elles soient jetables est contradictoire.

2-Péché d’absence de preuve : 69 % des produits
Ce péché survient lorsqu’un produit prétend qu’il est écolo sans fournir de preuve.

Exemple : une planche à découper faite de bois « provenant de forêt gérée durablement » qui ne fournit aucune certification reconnue comme FSC (Forest Stewardship Council, une certification de gestion durable des forêts)

3-Péché d’imprécision : 70% des produits
Ce péché est commis par toutes les prétentions trop mal ou trop vaguement définies.

Exemple : La mention « détergent à vaisselle naturel » ne veut rien dire; l’arsenic est naturel, le formaldéhyde est naturel etc., pourtant on essaie de nous faire croire qu’un produit naturel est un produit plus vert. Un produit qui contient « 98% d’ingrédients naturellement dérivés », « un produit nettoyant écologique », tous ces termes sont très vagues, et n’offrent aucune garantie.

4-Péché de non-pertinence : 4% des produits.
Ce péché est commis par les prétentions écologiques vraies, mais sans importance.

Exemple : un produit qui s’affiche sans CFC, même si les CFC sont interdits par la loi depuis 1989.

5-Péché du moindre des deux maux : moins de 1% des produits
Voilà un péché qu’on voit moins souvent, mais qui n’est pas moins grave. Le péché du moindre des deux maux est commis par des prétentions vraies qui détournent l’attention du consommateur des impacts environnementaux de l’ensemble de la catégorie.

Exemple : Un véhicule utilitaire sport économe en carburant ou hybride.

6- Péché du mensonge : moins de 1% des produits
Le péché du mensonge est commis lorsqu’un produit prétend quelque chose de faux.

Exemple : Il y a 3 ans, la compagnie Lululemon affirmait que certains de ses vêtements étaient faits avec des algues qui avaient un effet anti-inflammatoire et combattaient le stress, alors que c’était faux. Depuis, la compagnie s’est rétractée.

7-Le culte de l’étiquette mensongère : 30% des produits
Le péché du culte de l’étiquette mensongère est relativement nouveau. Il est commis lorsqu’un produit, tente de faire croire qu’il porte une certification officielle. Cette forme d’écoblanchiment est de plus en plus fréquente, et s’explique par le fait que les gens recherchent maintenant des garanties que le produit est vert. Les compagnies qui ne peuvent afficher de vraies certifications créent donc parfois des logos un peu trompeurs.

Exemple : le logo sans phosphate qui donne l’impression d’être un logo officiel, le logo eco ou le logo eco-nature qu’on peut retrouver sur certaines marques de produits.

Comment s’y prendre pour choisir des produits véritablement écologiques?

Un produit qu’on taxe d’écoblanchiment peut quand même être un bon produit vert. Par exemple, ce n’est pas parce qu’un produit ne présente pas de certification biodégradable qu’il ne l’est pas, car on sait que les certifications sont parfois chères à obtenir. En effet, le produit vert parfait n’existe pas, et il ne faut pas rejeter en bloc tous les produits qui entrent dans l’une ou l’autre des 7 catégories de péchés de mascarade verte.

Les produits les plus touchés par l’écoblanchiment sont les produits nettoyants, les produits pour bébé et les cosmétiques; il faut donc être particulièrement vigilant lorsqu’on achète ce type de produit.

On peut toujours se fier aux écoétiquettes officielles, mais en l’absence de certification, on doit opter pour les produits qui offrent le plus d’information possible et apprendre à lire les étiquettes. Y a-t-il une liste d’ingrédients? Quel est le cycle de vie du produit, c’est-à-dire son mode de production, sa composition, et comment se recycle-t-il? Finalement, c’est en achetant régulièrement des produits pour lesquels on a fait de la recherche soit sur internet ou en magasin, plutôt que le premier produit sur la tablette, qu’on limite les risques de se faire avoir.

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