Aménagement urbain

Par Steve Proulx

Émission du 17 janvier 2012

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Du gris et encore du gris.

Des murs antibruits en béton, des usines désaffectées, un échangeur en décrépitude, des terrains vagues, des conteneurs... C'est la première image de Montréal qu’ont les millions de visiteurs qui débarquent à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau chaque année.

Un expert en « branding des villes » a même déjà comparé l'entrée de Montréal... au Kazakhstan!

« Quand on a construit cette autoroute, on visait d'abord l'efficacité des transports, explique Philippe Poullaouec-Gonidec, titulaire de la Chaire en paysage et environnement de l'Université de Montréal. On était à l'époque du Montréal moderne, de l'expo 67. On rêvait d'une ville qui était en pleine révolution industrielle. Mais avec les années, l'industrie a changé. Les transports ferroviaires ne sont plus ce qu'ils étaient. La gare de triage Turcot a été démantelée. Certains secteurs industriels ont connu un déclin. Ce corridor autoroutier a eu son heure de gloire, mais l'économie a changé. Bien des secteurs sont aujourd'hui mûrs pour une rénovation. »

Amenez-en des idées!
Le 20 mai 2011, l'ex-ministre des Transports Sam Hamad lançait donc un concours international d'idées en vue de réaménager le parcours d'entrée de la Ville de Montréal.

Le défi : créer une cohérence sur ce tronçon de 17 km qui relie l'aéroport Montréal-Trudeau et le centre-ville.

La Chaire en paysage et environnement de l'Université de Montréal, mandatée pour piloter ce concours, a reçu 62 propositions provenant de firmes de design des quatre coins du monde. En novembre 2011, un jury a sélectionné trois lauréats et décerné onze mentions honorables.

« Plusieurs propositions reçues explorent l'idée du franchissement de l'autoroute et des infrastructures ferroviaires, explique Patrick Marmen, agent de projet à la Chaire en paysage et environnement de l'Université de Montréal. Dans le passé, on a divisé les quartiers. On cherche maintenant à les relier. On pourrait, par exemple, mettre en réseau l'ensemble des espaces verts qui sont de chaque côté de l'autoroute et en faire un « corridor » suffisamment large pour que la faune puisse traverser. Ce corridor aurait aussi une vocation récréative (parc). C'est ce qu'on a appelé un « pont vert ».

Plus audacieux encore, on a émis l'idée de recycler l'échangeur Turcot... en promenade verte! « Au lieu de démolir le vieil échangeur, souligne M. Marmen, on pourrait le transformer en promenade « verte » à l'exemple du parc HighLine à New York. Il y aurait là une occasion de récupérer ces structures à d'autres fins, pour relier Notre-Dame-de-Grâce au Canal Lachine, par exemple. »

Une autre proposition mise sur la revitalisation des zones industrielles désaffectées. « On pourrait utiliser ces espaces pour développer une nouvelle filière industrielle basée sur l'énergie verte, dit Patrick Marmen. L'énergie produite (par des éoliennes, par exemple) pourrait alimenter l'éclairage autoroutier. »

Toutes ces idées vertes se concrétiseront-elles? Probablement pas. Mais on peut bien rêver, non?

INVITÉS

Philippe Poullaouec-Gonidec, titulaire de la Chaire en paysage et environnement, Université de Montréal.

Patrick Marmen, agent de projet à la Chaire en paysage et environnement, Université de Montréal.

Sujet : Aménagement urbain  

Liens utiles

Montréal, ville UNESCO du design

http://www.mtlunescodesign.com

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