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Du 10 janvier au 29 mars 2012
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Par Steve Proulx
Lorsqu'on parle de la forêt québécoise, c'est souvent pour parler de coupes sauvages, d'exploitation irréfléchie, de fermetures de scieries et de pertes d'emplois. Bref, on parle de bois.
Sauf qu'au-delà de la ressource ligneuse (les arbres), les forêts recèlent bien d'autres richesses qui peuvent être exploitées.
Le sirop d'érable, mais aussi les plantes médicinales, les bleuets et les champignons sauvages comptent parmi les produits forestiers non ligneux de nos forêts (appelés PFNL).
L'exploitation des ressources méconnues des forêts s'inscrit à la fois dans une perspective économique (la diversification de l'industrie forestière) et de développement durable.
La Coopérative de valorisation agroforestière de Lanaudière et Maskinongé (FORVALCO) étudie des façons d'exploiter les produits forestiers non ligneux de nos forêts. « Notre mandat, explique Dany Ouellet, coordonnateur de FORVALCO, est de trouver d'autres façons d'utiliser la forêt. »
Les PFNL en chiffres
Actuellement, l'industrie québécoise des PFNL se concentre principalement sur le sirop d'érable et les bleuets.
PRODUIT ------------------ VOLUME ------------VALEUR DE LA PRODUCTION
Sirop d'érable ------------- 26 671 000 kg -------186 696 000 $
Bleuet ----------------------- 29 937 tonnes -------- 45 400 000 $
Arbres de Noël ------------13 100 000 arbres --- 29 000 000 $*
Huiles essentielles ------ Petit marché, données incomplètes.
*La valeur de la production de sapins Beaumiers pour les vendre en tant qu'arbres de Noël représente 58% de la production canadienne.
(Source: Ressources naturelles et Faune Québec, 2008)
Les PFNL... demain!
De nombreux PFNL moins connus ont cependant un potentiel économique « énorme », selon une étude menée par la Coopérative de développement régional Acadie, la Coopérative forestière du Nord-Ouest et la Faculté de foresterie de l'Université de Moncton. En voici quelques-uns:
ESPÈCE ......................................USAGE
Amélanchier ............................... Baies (pour confitures, liqueurs, arômes, vinaigre, etc.)
(Amelanchier sp.)
Cerisier à grappes ..................... Baies (confitures, liqueurs, coulis, hydromel, huiles essentielles, etc.)
(Prunus virginiana)
Houblon ...................................... Production de bière
(Humulus lupulus)
If du Canada ............................... Industrie pharmaceutique, médicaments contre divers types de cancer.
(Taxus canadensis)
Matteucie fougère-à-l’autruche .. Alimentation - Têtes de violon
(Matteuccia struthiopteris)
Noisetier ...................................... Noisettes
(Corylus sp.)
Sanguinaire du Canada .............. Industrie pharmaceutique
(Sanguinaria canadensis)
Sureau du Canada ...................... Confitures, liqueurs, vinaigre, colorants (Utilisation en médecine traditionnelle.)
(Sambucus canadensis)
Ginseng ....................................... Plante médicinale
Actée à grappes noires ............... Plante médicinale
Hydraste du Canada ................... Plante médicinale
Asaret ........................................... Plante médicinale
Champignons sauvages .............. Industrie alimentaire
Le cas des champignons
En particulier, la popularité des champignons sauvages (frais ou séchés) laisse entrevoir des possibilités de développement intéressantes pour l'Est canadien. Plusieurs régions du Québec commencent d'ailleurs à se structurer (UPA 2004; Biopterre 2009).
Au niveau international, les États-Unis, l’Europe et l’Asie sont les principaux joueurs. Selon Statistique Canada, près de 134 000 tonnes métriques de champignons sauvages ont transigé sur les marchés mondiaux en 2000. Une valeur estimée à plus de 2,5 milliards de dollars.
Au Canada, la province la mieux organisée dans le domaine des champignons sauvages est la Colombie-Britannique, mais elle ne fournit encore que 1% de la production mondiale de champignons forestiers.
Au Québec, environ 10 tonnes de champignons sauvages ont été récoltées en 2007 (CEPAF 2000) et environ 25 tonnes en 2008 (Biopterre 2009).
« Il y a un engouement à travers la population pour les champignons sauvages », dit Dany Ouellet.
Certains propriétaires de lot boisés voient dans l'agriculture forestière une façon agréable de faire fructifier leur terre. C'est le cas de Magalie Beaulieu, cultivatrice de produits forestiers.
« On a une vaste terre avec plein de sentiers, dit-elle. Je voyais des champignons, et je trouvais cela dommage de ne pas les connaître. J'ai donc suivi une formation d'initiation et je suis devenue mordue! La demande est là du côté des restaurateurs et de l'industrie de l'alimentation. C'est un marché à développer. »
*
Pour l'avenir, Dany Ouellet est optimiste. « Il faudra démontrer que la culture de PFNL fonctionne et qu'elle peut être rentable pour qu'un plus grand nombre de propriétaires de lots boisés s'y intéressent. On pourrait avoir des PME dans cette industrie qui poussent comme des champignons! »
INVITÉS
Dany Ouellet, coordonnateur de la Coopérative de valorisation agroforestière de Lanaudière et Maskinongé (Forvalco)
Magalie Beaulieu, propriétaire d’un lot boisé à Saint-Boniface.
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