Inondations en Montérégie

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De fortes précipitations suivies d'une hausse subite de température comptent parmi les facteurs qui expliqueraient l'exceptionnelle crue des eaux de la rivière Richelieu, au printemps 2011. Des centaines de résidences situées dans la région de la Montérégie ont été inondées.

Cet événement serait aussi une conséquence du développement résidentiel trop près des rives.

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Le gouvernement Charest, dans un geste considéré par plusieurs environnementalistes comme étant plus politique que logique, a décidé d'apporter un soutien financier pour la reconstruction de maisons en zones inondables, à condition que les propriétaires « immunisent » leurs résidences contre les inondations (au moyen de pilotis ou d’une fondation étanche).

Ce faisant, le gouvernement passait outre ses propres règles voulant que les fonds publics ne servent plus à dédommager les victimes d'inondations dont la résidence est située dans une zone dite « 0-20 ans » (qui risque d'être inondée au moins une fois en 20 ans).

À la suite de cette annonce, treize chercheurs universitaires ont signé une lettre ouverte soulignant que le plan du gouvernement Charest était une « occasion manquée ». Selon eux, le plan « contrevient aux principes de gestion durable des milieux riverains et fait fi de la science sur les changements climatiques (qui prévoit un fort risque d'accroissement des événements extrêmes) ».

« Il est essentiel de laisser un certain espace de liberté aux cours d'eau pour que ces processus naturels puissent opérer sans que cela n’engendre de risques pour les vies humaines, les infrastructures et les propriétés », écrivaient-ils.

Des zones tampons à préserver
Docteur en Sciences de l'environnement à l'UQÀM et signataire de la lettre, Nicolas Milot explique que les plaines inondables doivent être protégées (de l’exploitation), car il s'agit d'une zone tampon essentielle entre la terre et le cours d'eau.

« Cette zone va absorber une partie de l'eau lors de la crue et ainsi agir comme une sorte de bassin de rétention naturel. »

En d'autres mots, retenir la crue des eaux est un des « services écologiques » qu'une plaine inondable rend à l’environnement. Si les berges de la rivière Richelieu n'avaient pas été « bétonisées » en Montérégie, les inondations auraient sans doute été moins destructrices.

En outre, la plaine inondable est un écosystème précieux et riche, qu'il faut protéger. Elle abrite une faune unique, elle est une zone de nidification pour certaines espèces d'oiseaux et une frayère pour certains poissons.

Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix, capitale nautique
Malgré cela, il est hors de question pour les résidents de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix de stopper le développement résidentiel près des berges. Cette municipalité baptisée la « capitale nautique » du Québec a été l’une des plus durement touchées par les inondations.

Ce sont les activités nautiques qui font vivre le village. « On compte le plus grand nombre de marinas pour une municipalité du Québec, explique le maire, Gérard Dutil. Un paquet de gens vient s'installer ici pour vivre au bord de l'eau. Si on perd ça, pourquoi les gens viendraient-ils ici? On va devenir un autre Murdochville... »

M. Dutil, malgré les avertissements des scientifiques et environnementalistes, ne croit pas que des inondations d’une telle ampleur se répèteront bientôt. « Une fois n'est pas coutume », poursuit-il.

L'avenir lui donnera-t-il raison?

INVITÉS

Gérard Dutil, maire de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix

Nicolas Milot, chercheur, Docteur en sciences de l'environnement de l'UQÀM

Sujet : Construire / rénover   Préserver la nature  

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