Plantes indigènes

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Il y a 4 ans, La vie en vert abordait le problème des plantes exotiques envahissantes, ces espèces végétales cultivées pour des fins ornementales, et qui aujourd'hui nuisent aux écosystèmes en s'implantant dans la nature au détriment des espèces locales.1

Ce n'est qu'une conséquence environnementale de notre appétit horticole pour les plantes exotiques. Or, la culture de plantes exotiques cause d'autres problèmes.

En effet, une guerre contre la nature se déroule chaque été dans les jardins québécois, car nous tentons d'implanter des espèces végétales dans un écosystème auquel elles n'appartiennent pas. L'écosystème tente donc d'éradiquer ces « plantes étrangères ». Aussi, pour qu'elles survivent, nous devons utiliser des fertilisants, des pesticides, maintenir un arrosage intensif et protéger ces plantes du froid.

On peut s'éviter cet entretien fastidieux (et à recommencer chaque année) en optant pour un aménagement paysager qui respecte les lois fondamentales de la nature. L’utilisation des plantes indigènes fait partie de cette philosophie, une nouvelle approche qui gagne en popularité depuis quelques années.

Que sont les plantes indigènes?
Les plantes indigènes se sont développées (en Amérique du Nord) après la dernière glaciation, il y a 12 000 ans.
«Au cours des millénaires, la nature a créé des variétés de plantes qu'elle reconnaît et qui sont adaptées au climat et à l'écosystème dont elles font partie. », explique Serge Fortier, consultant en paysage écologique et environnement.

Puisque les plantes indigènes poussent naturellement chez nous :

- Elles requièrent rarement l'emploi de pesticides ou d'engrais concentré;

- Dans de bonnes conditions de culture, elles sont moins sujettes aux attaques d’insectes ravageurs et autres agents pathogènes;

- Elles sont moins sensibles aux écarts de température;

- Elles survivent aux sécheresses (moins d'arrosage en perspective);

- Elles résistent à nos hivers sans protection hivernale.


« Un jardin de plantes indigènes, c'est un choix songé pour les jardiniers paresseux. », dit M. Fortier.

Sauf qu'on ne peut pas simplement remplacer les plantes exotiques par des plantes indigènes. C'est toute notre approche vis-à-vis l'aménagement paysager qu'il faut revoir.

Quelques grands principes à considerer :

Adieu les touffes!
« On a généralement l'habitude de planter en touffes, dit Serge Fortier. Une touffe de telle espèce de plante, une touffe d'une autre... Parce qu'on cherche à avoir de la variété et que l'on n'a pas une superficie de terrain immense. Avec un jardin de plantes indigènes, on cherche plutôt à imiter la nature. Celle-ci travaille en massifs. Ainsi, au lieu des traditionnelles plates-bandes, on préférera de larges espaces occupés par une seule espèce indigène. »

La loi des vêtements de la terre
« Dans la nature, un sol ne reste jamais à nu, explique M. Fortier. Il est toujours couvert de végétaux vivants (couvre-sol) ou de végétaux morts, qu’on appelle des paillis. Or, la plupart du temps, on laisse la terre à nu dans notre plate-bande ou dans notre jardin. C'est la raison pour laquelle on a des problèmes de mauvaises herbes. »

Les paillis
Le paillis joue plusieurs rôles. Sans lui, le soleil chauffe la terre et fait évaporer l’eau. La terre s'assèche donc plus rapidement. En même temps, le paillis contrôle la croissance des mauvaises herbes. Mais son rôle le plus important est d'agir comme nourriture pour les plantes. D’où l’importance du choix du paillis, car il doit ressembler le plus possible aux plantes sur lesquelles vous le mettez. « Dans la nature, ce sont les feuilles d’érable qui servent de paillis aux érables, dit Serge Fortier. Même chose pour les conifères… »

INVITÉ
Serge Fortier, consultant en paysage écologique et environnement

1. Pour consulter l'article lié à ce reportage: http://vieenvert.telequebec.tv/occurrence.aspx?id=227

Sujet : Jardiner  

Liens utiles

Serge Fortier, Enseignement du Processus de Consommation Circulaire (EPCC)

http://www.sergefortier.com/

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